ODESSA/MOSCOU – Moins de 24 heures après une brève reprise des pourparlers de paix à Istanbul, la guerre en Ukraine a de nouveau basculé dans une spirale de violence jeudi, les deux camps menant des frappes ciblées contre des villes côtières de la mer Noire.
À Odessa, un drone russe a percuté un immeuble résidentiel, blessant au moins 11 personnes, selon les autorités ukrainiennes. Des images montrent des appartements soufflés et des débris jonchant la rue. « Ils visaient des infrastructures militaires, mais c’est encore une fois des civils qui paient », a déclaré un responsable local.
De l’autre côté de la mer, en Russie, une femme a été tuée dans la région de Krasnodar par la chute d’un drone ukrainien, selon les autorités russes. Moscou affirme avoir abattu plusieurs autres engins au-dessus de la mer Noire dans ce qu’elle qualifie de « tentative coordonnée de sabotage ».
Ces nouvelles attaques surviennent alors qu’un fragile espoir de désescalade s’était brièvement fait sentir. Mercredi, des négociateurs ukrainiens et russes s’étaient rencontrés à Istanbul sous médiation turque, mais les discussions n’ont duré que 40 minutes. Aucun accord sur un cessez-le-feu n’a été trouvé, même si les deux parties ont confirmé des pourparlers en cours sur un échange de prisonniers de guerre.
Les frappes de jeudi illustrent la profondeur de la méfiance entre Moscou et Kyiv, malgré les signaux diplomatiques. Les analystes préviennent qu’en l’absence de garanties internationales solides, toute initiative de paix reste extrêmement fragile.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réitéré jeudi son appel à une coalition internationale pour renforcer la sécurité des ports de la mer Noire et permettre la reprise des exportations agricoles, tandis que le Kremlin accuse Kyiv de torpiller toute avancée diplomatique par « des provocations militaires irresponsables ».
Les perspectives d’un cessez-le-feu durable restent pour l’instant lointaines, les deux armées poursuivant leurs offensives sur plusieurs fronts, sur terre comme sur mer.