NEW DELHI/MUZAFFARABAD – L’armée indienne a adressé dimanche un avertissement ferme au Pakistan, l’enjoignant à respecter scrupuleusement le cessez-le-feu fragile convenu la veille, après quatre jours d’affrontements d’une intensité inédite depuis près de trente ans dans la région disputée du Cachemire. Lors d’une conférence de presse à New Delhi, le lieutenant-général Rajiv Ghai, chef des opérations militaires indiennes, a précisé que les forces armées restaient en état d’alerte maximale et étaient autorisées à réagir à toute nouvelle « violation ».
Le cessez-le-feu, annoncé samedi avec la médiation de Washington, faisait suite à une flambée de violence entre les deux puissances nucléaires, ayant fait près de 70 morts. Toutefois, des tirs d’artillerie ont été signalés quelques heures après son entrée en vigueur, notamment côté indien du Cachemire. Les deux pays se sont accusés mutuellement d’avoir rompu la trêve.
Selon le général Ghai, le Pakistan aurait lui-même demandé ce cessez-le-feu, par l’intermédiaire d’un appel de son homologue militaire samedi après-midi. Le Pakistan n’a pas encore officiellement réagi à ces déclarations, mais avait auparavant affirmé son engagement envers la trêve et rejeté la responsabilité des tirs sur l’Inde.
Le président américain Donald Trump, qui a revendiqué un rôle central dans la médiation, a salué l’accord et promis une augmentation « substantielle » des échanges commerciaux avec les deux nations. Son secrétaire d’État, Marco Rubio, a indiqué que des discussions bilatérales sur un « large éventail de sujets » allaient être organisées dans un pays tiers.
Alors que New Delhi rejette toute médiation étrangère dans ses différends avec Islamabad, les États-Unis ont insisté pour faciliter le dialogue, notamment sur la question du Cachemire, épicentre historique des tensions indo-pakistanaises.
Sur le terrain, la situation restait tendue. À Amritsar, les habitants ont commencé à reprendre une vie normale, tandis que dans plusieurs zones frontalières, dont Baramulla et Uri, des consignes d’évacuation et des travaux de réparation étaient toujours en cours. La population déplacée reste en attente, espérant un retour rapide à la stabilité.