Alors que les guerres et les dérèglements climatiques menacent toujours davantage les trésors de l’humanité, l’Unesco examine cette semaine à Paris trente nouvelles candidatures pour intégrer la prestigieuse liste du patrimoine mondial. De la Pologne à la Guinée-Bissau, en passant par la Corée du Sud ou les Émirats arabes unis, ces sites espèrent voir leur valeur universelle reconnue par le Comité du patrimoine mondial, réuni en session élargie depuis hier lundi 7 juillet. L’organisation, dirigée depuis 2017 par Audrey Azoulay, ne cache pas l’enjeu : faire du patrimoine une arme douce face aux fractures du monde. La directrice générale a ouvert les travaux en rappelant que « la culture doit répondre aux défis actuels, qu’il s’agisse du dérèglement climatique ou des meurtrissures de la guerre ».
Comme protéger dans un monde en conflit
Parmi les candidats de cette 47e session figurent deux pays africains jusque-là absents du classement : la Sierra Leone, avec les forêts de Gola Tiwai, et la Guinée-Bissau, avec la réserve de biosphère de l’archipel des Bijagos. Ces dossiers traduisent la volonté de l’Unesco de mieux représenter le continent africain, encore largement sous-représenté sur la scène patrimoniale mondiale. Mais cette session ne se limite pas aux candidatures. L’institution passe également en revue l’état de conservation de près de 250 sites déjà inscrits. Elle y voit une forme de radiographie mondiale des menaces qui pèsent sur ces lieux emblématiques. Trois quarts d’entre eux subissent déjà des pressions hydriques importantes – entre sécheresses, inondations et pénuries. Le surtourisme est lui aussi dans le viseur, dénoncé de plus en plus ouvertement par les populations locales.
Entre conflits armés et conservation impossible
Sur les 56 sites actuellement classés en péril, la moitié le sont à cause de conflits armés. Le Moyen-Orient concentre à lui seul plus de 40 % de ces cas. L’Unesco prévoit notamment de reprendre ses activités en Syrie, avec un projet de sauvegarde du Musée national de Damas et des monuments historiques d’Alep. À Gaza, l’organisation affirme suivre de près les destructions via des images satellites depuis octobre 2023. Si les conditions le permettent, elle entend intervenir dans le territoire palestinien assiégé dès que possible. Entre les guerres, les changements climatiques et la pression touristique, l’Unesco tente de préserver ce qui peut encore l’être. Et derrière chaque candidature, ce sont autant d’alertes que de promesses d’avenir.