La Russie a lancé dans la nuit de mardi à mercredi une attaque d’une ampleur inédite contre l’Ukraine, en déployant un total de 728 drones explosifs, ont indiqué les autorités ukrainiennes. Cette offensive intervient quelques heures seulement après que Donald Trump, désormais président des États-Unis, a promis d’intensifier le soutien militaire à Kiev et a publiquement critiqué, de manière inhabituelle, le président russe Vladimir Poutine.
L’armée ukrainienne a qualifié cette attaque de « record absolu » en matière de frappes de drones depuis le début de la guerre en février 2022. De nombreuses régions ont été visées, notamment dans le sud et l’est du pays, mais aussi dans la capitale, Kiev. Bien que la majorité des drones aient été interceptés par les systèmes de défense, plusieurs ont réussi à frapper des infrastructures civiles et industrielles, provoquant des incendies et des coupures de courant. Aucun bilan précis n’a encore été communiqué, mais les secours parlent de blessés et de dégâts matériels « significatifs ».
Cette escalade survient dans un contexte diplomatique tendu. Lors d’un discours la veille, Donald Trump a non seulement réaffirmé son engagement à fournir davantage d’armes défensives à l’Ukraine, mais il a également dénoncé l’agression russe avec des mots particulièrement sévères, évoquant une « surprise » à venir en réponse à l’attitude du Kremlin. Une rhétorique qui contraste avec celle qu’il avait adoptée lors de son précédent mandat.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a aussitôt réagi, appelant les pays occidentaux à imposer des sanctions secondaires plus strictes contre la Russie, en ciblant notamment les sources indirectes de financement de sa machine de guerre. Il a également salué l’annonce de Trump tout en insistant sur l’urgence d’une aide accrue pour faire face à l’intensification des frappes.
L’attaque a également provoqué une réaction rapide de la Pologne et de plusieurs pays de l’OTAN. Après que certains drones se sont approchés dangereusement de la frontière polonaise, des avions de chasse ont été déployés en alerte maximale. Varsovie a condamné ce qu’elle qualifie de « provocation délibérée », affirmant qu’aucun appareil n’avait pénétré l’espace aérien polonais, mais que la situation restait « extrêmement préoccupante ».
Alors que le conflit entre dans sa quatrième année, cette offensive de drones illustre la détermination de Moscou à maintenir la pression militaire sur Kiev, même au prix de tensions croissantes avec l’Occident. Elle marque aussi une nouvelle phase dans la guerre d’attrition, où la technologie des drones joue un rôle central, et où les positions des grandes puissances pourraient évoluer de manière décisive.