La guerre en Ukraine a franchi un nouveau seuil d’intensité dans la nuit de mardi à mercredi, alors que les capitales ukrainienne et russe ont été la cible de frappes aériennes simultanées. À Kiev, deux personnes ont perdu la vie et sept autres ont été blessées, dont quatre enfants, à la suite de la chute de débris de drones abattus par la défense antiaérienne ukrainienne. Des incendies ont été déclenchés dans plusieurs bâtiments résidentiels, notamment dans le quartier très fréquenté de Shevchenkivskyi.
Ces frappes sur la capitale ukrainienne interviennent peu après une salve de missiles lancée par la Russie plus tôt dans la soirée. À Moscou, de leur côté, les autorités ont affirmé avoir neutralisé au moins 14 drones ukrainiens sans qu’aucun dégât ne soit à déplorer. En réponse à ces menaces, les principaux aéroports de la ville, parmi les plus fréquentés d’Europe de l’Est, ont été temporairement fermés pour la troisième nuit consécutive. Le trafic aérien a également été suspendu dans plusieurs autres villes régionales russes.
Cette nouvelle escalade intervient à la veille du défilé militaire du 9 mai, un événement hautement symbolique pour le Kremlin, qui célèbre le 80e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. Vladimir Poutine y attend plusieurs chefs d’État, dont le président chinois Xi Jinping. Dans ce contexte, le chef du Kremlin a proposé une trêve du 8 au 10 mai, initiative jugée insuffisante par le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy, qui plaide pour un cessez-le-feu complet d’au moins un mois, conformément à une proposition américaine.
Alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, la tension ne faiblit pas entre les deux pays. L’Ukraine, de plus en plus offensive dans ses capacités de frappes en profondeur, multiplie les attaques de drones contre le territoire russe. La Russie, quant à elle, continue de pilonner les infrastructures ukrainiennes, notamment à Kiev. Les deux camps affichent leur détermination à maintenir la pression militaire, malgré les appels à la désescalade.