Les autorités haïtiennes ont lancé une série d’actions sécuritaires d’envergure dans la capitale, cherchant à desserrer l’emprise des bandes criminelles qui contrôlent de larges portions de Port-au-Prince. Les forces de l’ordre affirment avoir porté un coup symbolique en visant l’un des chefs de gangs les plus redoutés du pays, contraint de quitter une zone stratégique après une opération ciblée.
Au cœur de cette offensive, des frappes menées à l’aide de drones ont détruit une résidence attribuée à Jimmy Cherizier, figure centrale de la coalition criminelle Viv ansanm. Selon la police nationale, cette action visait à empêcher toute réinstallation durable de ses hommes dans le secteur. Des interventions similaires sont désormais menées quotidiennement dans le centre-ville, appuyées par une unité spécialisée de lutte anti-gang et des acteurs privés de la sécurité.
Une bataille sécuritaire sur fond de crise politique
Les responsables policiers se disent confiants dans leur capacité à rétablir l’ordre à court terme, évoquant des patrouilles désormais possibles dans des quartiers longtemps abandonnés. Cette reprise progressive s’inscrit dans un contexte institutionnel fragile, le pays étant gouverné par des autorités de transition depuis la chute du précédent exécutif, sans scrutin national organisé depuis près d’une décennie.
La situation humanitaire demeure alarmante. La violence persistante a forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leur domicile, tandis que l’insécurité alimentaire touche une part croissante de la population, en particulier les enfants. Une force internationale de soutien, regroupant plusieurs milliers de soldats promis par des pays partenaires, est attendue pour épauler durablement les autorités haïtiennes.