L’Inde et le Pakistan s’accusent mutuellement d’avoir lancé des attaques militaires au drone et à l’artillerie, dans ce qui constitue leur plus grave flambée de violence depuis la guerre de Kargil en 1999. Ces affrontements, qui entrent dans leur troisième jour, ont déjà coûté la vie à au moins 48 personnes selon des estimations non confirmées. Civils et touristes fuient les zones frontalières, tandis que des mesures d’urgence sont prises dans plusieurs États indiens.
Tout a commencé mercredi, lorsque New Delhi a affirmé avoir frappé des installations terroristes au Pakistan, en représailles à une attaque récente contre des touristes hindous au Cachemire indien. Islamabad a nié toute implication et dénoncé les bombardements comme une agression injustifiée. Depuis, les deux puissances nucléaires échangent des tirs, des frappes de drones et des accusations, ravivant les pires souvenirs d’un conflit jamais vraiment éteint.
L’armée indienne affirme avoir intercepté une attaque massive de drones pakistanais visant 36 localités, y compris au-delà de la région du Cachemire. Elle accuse le Pakistan d’avoir utilisé des vols commerciaux comme couverture pour éviter une riposte. De son côté, Islamabad dénonce des frappes indiennes ayant tué au moins cinq civils, dont un nourrisson, dans le Cachemire pakistanais. Des bombardements auraient aussi touché les villes d’Uri et de Samba, provoquant morts, blessés et destructions.
Dans le nord de l’Inde, les sirènes retentissent, les écoles ferment et les autorités demandent aux habitants de rester chez eux ou de quitter les zones les plus exposées. À Amritsar, ville sainte du Pendjab, des touristes étrangers ont fui par la route, l’aéroport étant fermé. La situation est similaire à Bhuj, au Gujarat, où des évacuations sont envisagées.
La tension a également eu des répercussions économiques : les marchés indiens ont perdu près de 83 milliards de dollars en valeur boursière vendredi, tandis que la Bourse pakistanaise rebondissait dans l’espoir d’une accalmie. La suspension du tournoi de cricket IPL en Inde, et la relocalisation de la ligue pakistanaise aux Émirats arabes unis, illustrent à quel point la crise a bouleversé la vie publique.
Alors que les puissances mondiales appellent à la retenue, les deux camps semblent déterminés à montrer leur force. Les populations civiles, elles, payent déjà le prix fort de cette nouvelle escalade.