Plus de 1 000 civils ont été tués au Darfour, dans l’ouest du Soudan, lors de la prise de contrôle d’un camp de déplacés par un groupe paramilitaire en avril dernier, selon un rapport publié jeudi par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Environ un tiers des victimes auraient été sommairement exécutées, d’après les conclusions de ce document de 18 pages.
Le rapport précise que le camp de Zamzam, qui abritait environ un demi-million de personnes déplacées par la guerre civile, a été pris entre le 11 et le 13 avril par les Forces de soutien rapide, un puissant groupe paramilitaire engagé dans le conflit soudanais. Les violences auraient visé des civils et des personnes hors de combat, dans des conditions particulièrement brutales.
« Un tel meurtre délibéré de civils ou de personnes hors de combat peut constituer le crime de guerre de meurtre », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, dans un communiqué accompagnant la publication du rapport. Il a souligné la gravité des faits documentés et la nécessité de rendre des comptes.
Les Nations unies décrivent des exécutions sommaires, des attaques indiscriminées et une prise de contrôle violente du camp, aggravant encore la situation humanitaire déjà catastrophique dans la région du Darfour. Des centaines de milliers de personnes y vivent dans des conditions précaires après avoir fui des années de violences et d’instabilité.
Ce nouveau bilan met en lumière l’ampleur des exactions commises dans le conflit soudanais et renforce les appels internationaux à une enquête indépendante. Alors que la guerre civile continue de ravager le pays, l’ONU avertit que l’impunité persistante risque d’alimenter de nouvelles atrocités contre les populations civiles.