L’armée israélienne a lancé ce vendredi une nouvelle série de frappes aériennes visant la banlieue sud de Beyrouth, un secteur considéré comme un bastion du Hezbollah. Ces bombardements ont lieu après une nuit déjà marquée par des attaques aériennes particulièrement intenses contre cette zone densément peuplée de la capitale libanaise.
Plusieurs colonnes de fumée s’élevent au-dessus du quartier de Dahiyeh, tandis que de fortes explosions ont été entendues dans plusieurs secteurs de la ville. Les frappes viseraient, selon l’armée israélienne, des « infrastructures du Hezbollah » situées dans la banlieue sud.
Depuis le début de l’offensive, Israël affirme avoir mené de nombreuses vagues de frappes dans cette zone stratégique où se trouvent plusieurs institutions du mouvement chiite libanais.
Un bilan humain déjà très lourd
Le bilan humain continue de s’alourdir au Liban à mesure que les bombardements se poursuivent. Selon un communiqué du ministère libanais de la Santé, le nombre de victimes des frappes israéliennes s’élève désormais à au moins 123 morts et 683 blessés depuis le début de cette nouvelle phase du conflit.
Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, les autorités sanitaires ont indiqué que « le bilan de l’agression israélienne […] s’est alourdi à 123 martyrs et 683 blessés ».
D’autres attaques ont également été signalées dans le sud du pays. Dans la ville de Saïda, un raid aérien israélien aurait notamment visé un immeuble, causant plusieurs victimes selon les autorités locales.
Panique et déplacements massifs de population
Les frappes ont provoqué un mouvement de panique dans plusieurs quartiers de la capitale. Dans l’après-midi précédant les bombardements, l’armée israélienne avait appelé les habitants de la banlieue sud de Beyrouth à évacuer la zone, un avertissement inédit qui a déclenché d’importants mouvements de population et des embouteillages massifs dans la ville.
La zone concernée abrite entre 600 000 et 800 000 habitants et constitue l’un des centres politiques et militaires du Hezbollah au Liban.
Face à la situation, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a mis en garde contre une catastrophe humanitaire imminente liée aux déplacements massifs de civils et à l’intensité des bombardements. Il a déclaré qu’« un désastre humanitaire se profile » si l’escalade militaire se poursuit.
Selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, des dizaines de milliers de personnes ont déjà été contraintes de quitter leurs habitations au Liban depuis le début des hostilités, ce qui transforme la crise en « urgence humanitaire majeure ».
Les tensions explosent
Les tensions ont explosé après l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, déclenchant une série de représailles et d’affrontements impliquant plusieurs acteurs régionaux.
Au Liban, le Hezbollah a tiré des roquettes et des drones vers le territoire israélien, ce qui a entraîné une riposte massive de l’armée israélienne contre des positions du mouvement armé soutenu par Téhéran.
Le président libanais Joseph Aoun a appelé la communauté internationale à intervenir afin d’empêcher une extension du conflit sur le territoire libanais. De son côté, le président français Emmanuel Macron a exhorté les différentes parties à la retenue et proposé une aide humanitaire pour soutenir les populations déplacées.
Parallèlement, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé son inquiétude face aux ordres d’évacuation massifs visant la banlieue sud de Beyrouth, estimant que ces déplacements forcés pourraient soulever des questions de droit international humanitaire.
Une capitale plongée dans l’incertitude
Dans la nuit du 5 au 6 mars, plusieurs explosions ont été entendues dans différents quartiers de Beyrouth, marquant l’une des phases les plus intenses de bombardements depuis le début de cette escalade militaire. Les frappes ont également touché plusieurs localités du sud du Liban ainsi que des zones proches de la ville de Baalbek dans l’est du pays.
Alors que les combats se poursuivent, les observateurs internationaux redoutent une aggravation rapide de la crise au Liban, déjà fragilisé par des années de crise économique et politique. Les autorités libanaises multiplient les appels à la désescalade, tandis que les bombardements continuent de secouer la capitale et plusieurs régions du pays.