Violences xénophobes en Espagne : la communauté marocaine de Torre Pacheco appelle à l’apaisement
Violences xénophobes en Espagne : la communauté marocaine de Torre Pacheco appelle à l’apaisement

La ville espagnole de Torre Pacheco, dans la région de Murcie, est secouée depuis plusieurs jours par une vague de violences à caractère xénophobe, après l’agression d’un homme âgé la semaine dernière. Face à une montée des tensions entre jeunes d’origine nord-africaine et militants d’extrême droite, les leaders de la communauté marocaine locale ont lancé un appel au calme, rejetant fermement toute forme de violence.

Les troubles ont débuté vendredi, quelques jours après qu’un homme sexagénaire a été attaqué par plusieurs individus non identifiés. Depuis, la situation a dégénéré en affrontements nocturnes, avec des jets de projectiles contre la police et des altercations entre groupes rivaux. La police espagnole a procédé à au moins 14 arrestations, dont trois personnes liées à l’agression initiale. Parmi elles figure un jeune homme marocain de 19 ans, soupçonné d’être l’auteur principal des coups, interpellé lundi soir dans le nord de l’Espagne.

Les autorités ont précisé qu’aucun des suspects n’était résident de Torre Pacheco, ce qui alimente les tensions autour d’un événement qui semble avoir été instrumentalisé par certains groupes extrémistes. Des appels à manifester contre les migrants ont circulé sur les réseaux sociaux, accompagnés de messages haineux incitant à la violence. Le parquet a ouvert une enquête sur plusieurs publications à caractère xénophobe ainsi que sur les déclarations d’un homme politique local soupçonné d’avoir attisé les tensions.

En réponse, la communauté marocaine – qui représente près d’un tiers des 40 000 habitants de la ville – a organisé une mobilisation pacifique et exhorté les jeunes à ne pas se laisser entraîner dans l’escalade. « Nous voulons la paix… Nous ne voulons pas de criminels, nous ne voulons pas de violence ni de gens qui viennent de l’extérieur pour semer le trouble ici », a déclaré Abdelali, un résident marocain de longue date, devenu porte-parole informel du quartier de San Antonio.

Plus de 120 agents de la Garde civile ont été déployés pour tenter de contenir les violences et restaurer l’ordre. Dans la nuit de lundi à mardi, de nouveaux incidents ont éclaté, notamment dans les quartiers à forte population migrante, où les forces de l’ordre ont procédé à trois arrestations supplémentaires après une confrontation avec plusieurs dizaines de jeunes.

Ces événements, parmi les plus graves troubles à caractère anti-migrants qu’ait connus l’Espagne ces dernières années, posent une nouvelle fois la question de la gestion de l’intégration, de la cohésion sociale et du rôle des discours publics dans l’exacerbation des tensions. Tandis que les autorités locales appellent au retour au calme, la vigilance reste de mise face aux risques d’une nouvelle flambée de violences.

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