Toulouse : le préfet coupe court aux manifs de taxis et VTC
Toulouse : le préfet coupe court aux manifs de taxis et VTC

Le climat était déjà électrique entre taxis et VTC, il vient d’être tranché net. Hier jeudi 5 juin, le préfet de Haute-Garonne a publié un arrêté interdisant la manifestation prévue le 10 juin à Toulouse et Blagnac. Motif invoqué : risque élevé de troubles à l’ordre public si les deux professions descendaient dans la rue au même moment.

Une tension persistante, une interdiction inédite

Le bras de fer entre taxis et VTC ne date pas d’hier. Depuis 2023, les mobilisations se multiplient, alimentées notamment par la réforme du transport sanitaire, qui attise la colère des taxis. Le 19 mai dernier encore, une manifestation avait paralysé l’agglomération toulousaine. Cette fois, la goutte a débordé : les syndicats des deux camps avaient prévu de manifester en simultané, sans concertation, au même endroit et à la même heure. Le préfet Pierre-André Durand redoute des affrontements entre professions rivales. « Ces mobilisations donnent lieu à de vives tensions […] et à des altercations », a-t-il déclaré, soulignant l’impossibilité de garantir la sécurité dans de telles conditions. Son verdict : interdiction pure et simple de toute manifestation à compter du 10 juin à 6h.

Sanctions lourdes en cas d’infraction

Les syndicats OST31, TER 31, SOI-Union Indépendants et FO-INV Toulouse sont directement visés. Les organisateurs qui décideraient de braver l’interdiction risquent jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende. Les simples participants s’exposent quant à eux à une contravention de 4e classe. Cette décision, rare dans sa fermeté, reflète la nervosité croissante autour des professions du transport. À Toulouse, la rue ne sera pas un ring ce mardi, mais le fond du conflit, lui, reste entier.

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