Aux États-Unis, plus de 1 000 baristas travaillant dans 75 établissements Starbucks se sont mis en grève depuis dimanche pour dénoncer un nouveau code vestimentaire jugé trop restrictif, a annoncé mercredi le syndicat Starbucks Workers United, qui représente une partie des employés de la chaîne de cafés.
Entré en vigueur lundi, ce nouveau règlement impose à l’ensemble des salariés des magasins exploités en propre ou franchisés, aux États-Unis comme au Canada, de porter un haut noir uni et un pantalon ou un jean de couleur kaki, noire ou bleu denim. Auparavant, les employés bénéficiaient d’une plus grande liberté, pouvant opter pour des hauts de couleurs sombres, y compris à motifs.
La direction justifie cette décision par la volonté de faire ressortir davantage les célèbres tabliers verts des baristas et d’uniformiser l’image de la marque dans un souci de cohérence et de convivialité. Mais pour les grévistes, cette mesure incarne un manque d’écoute et de dialogue social.
« Starbucks a perdu le sens des priorités », a dénoncé Paige Summers, superviseure dans un établissement de Hanover, dans le Maryland. « Les clients ne se soucient pas de la couleur de notre tenue lorsqu’ils attendent 30 minutes pour un latte. »
Le syndicat critique également la vente, via le site interne de l’entreprise, de vêtements siglés Starbucks qui ne sont plus autorisés sous la nouvelle politique. L’entreprise a indiqué qu’elle fournirait gratuitement deux t-shirts noirs à chaque employé.
De son côté, Starbucks minimise l’ampleur de la mobilisation. Selon l’entreprise, moins de 1 % de ses 10 000 magasins exploités en propre aux États-Unis sont concernés et, dans certains cas, les interruptions d’activité n’ont duré que quelques dizaines de minutes. « Plus de 99 % de nos magasins sont ouverts aujourd’hui pour servir les clients – comme ils l’ont été toute la semaine », a-t-elle déclaré dans un communiqué. « Il serait plus constructif que le syndicat consacre autant d’énergie à revenir à la table des négociations qu’à protester contre le port de chemises noires au travail. »
Depuis 2021, Starbucks Workers United mène une vaste campagne de syndicalisation, qui concerne désormais 570 établissements. Si les deux parties ont accepté en février 2024 de reprendre les discussions, aucun accord n’a encore été trouvé. Le syndicat a annoncé cette semaine avoir saisi le Conseil national des relations du travail, estimant que l’entreprise n’avait pas respecté son obligation de négocier les changements du code vestimentaire.