Après avoir multiplié les opérations de blocage au printemps, les taxis promettent une nouvelle mobilisation à partir du 5 septembre. La Fédération nationale du taxi (FNDT) entend dénoncer la réforme de la prise en charge des frais de transport de patients, qui doit entrer en vigueur dès octobre. La contestation porte sur la nouvelle convention publiée au Journal officiel début août. Elle prévoit une harmonisation nationale du forfait de prise en charge, assortie d’une hausse, mais aussi de fortes restrictions concernant les retours à vide, jugés trop coûteux. Selon la FNDT, cette mesure pourrait amputer de 30 % le chiffre d’affaires des chauffeurs. À l’inverse, l’Assurance maladie assure que la majorité des taxis en sortiront gagnants et mise sur 150 millions d’euros d’économies dès 2025, dans un secteur en pleine inflation : 6,7 milliards d’euros de dépenses l’an dernier, soit 7 % de plus qu’en 2023.
Un secteur sous tension
L’explosion des coûts est en grande partie liée au poids croissant des taxis dans le transport sanitaire. Ils représentent aujourd’hui près de la moitié des dépenses, contre moins de 20 % au début des années 2000, au détriment des véhicules sanitaires légers, moins onéreux. Pour Dominique Buisson, secrétaire général de la FNDT, cette hausse s’explique aussi par l’éloignement des centres de soins et la multiplication des rendez-vous médicaux, qui obligent les patients à parcourir toujours plus de kilomètres. L’activité est vitale pour la profession : 85 % des taxis transportent des patients, et les courses remboursées par la Sécurité sociale représentent la moitié de leur chiffre d’affaires conventionné, voire jusqu’à 80 % pour certains. D’où l’ampleur des inquiétudes face à une réforme qui, selon eux, menace directement la viabilité de leurs entreprises.
Vers de nouveaux blocages
Une réunion entre fédérations doit avoir lieu mercredi pour définir les modalités de la mobilisation. Les chauffeurs n’excluent pas des actions spectaculaires dans des lieux stratégiques de Paris, comme en mai dernier. Leur message est clair : sans ajustement, beaucoup de taxis pourraient renoncer au transport sanitaire, laissant des patients sans solution pour se rendre à leurs soins. Le bras de fer s’annonce donc tendu entre une profession qui craint pour sa survie économique et une Assurance maladie déterminée à freiner une dépense devenue colossale.