À quelques jours d’une grève annoncée des contrôleurs SNCF, les échanges entre le gouvernement et les syndicats se tendent. Invité sur Europe 1 ce lundi 21 avril, le secrétaire fédéral de Sud-Rail, Fabien Villedieu, a vivement critiqué les propos du ministre des Transports Philippe Tabarot, estimant que ce dernier ne faisait que « mettre de l’huile sur le feu ». Le ministre avait récemment jugé « non légitimes » les revendications des contrôleurs, ajoutant qu’ils n’étaient « pas les plus mal traités » au sein de la SNCF. S’il reconnaît que les plaintes concernant les plannings sont plus justifiées, il estime en revanche que celles sur la rémunération ne le sont pas. Une sortie qui n’a pas manqué d’agacer Sud-Rail, qui rappelle que les plannings sont trop imprévisibles et fréquemment modifiés à la dernière minute, et que les demandes portent aussi sur les primes de travail.
Une mobilisation en plusieurs temps
Alors qu’une réunion est prévue mercredi avec la direction, plusieurs appels à la grève ont déjà été lancés. Sud-Rail, en coordination avec le collectif national ASCT (CNA), appelle les contrôleurs à cesser le travail les 9, 10 et 11 mai. La CGT-Cheminots, de son côté, prévoit une mobilisation dès le 5 mai. Sud-Rail appelle également les conducteurs à la grève le 7 mai, veille de jour férié. Face à ces mobilisations, Philippe Tabarot en appelle à la « responsabilité » des cheminots pour éviter une grève que « les Français ne supportent plus ». Il soutient que la SNCF ne peut se permettre de telles interruptions au regard des investissements nécessaires dans les infrastructures. Une position contestée par Sud-Rail, pour qui ces investissements relèvent de la responsabilité de l’État. Le syndicat s’est également insurgé contre la proposition de loi portée par le ministre lorsqu’il était sénateur, visant à restreindre le droit de grève dans les transports. Fabien Villedieu a enfin ironisé sur le choix des dates de mobilisation, rappelant que les cheminots avaient évité les vacances scolaires pour ne pas perturber les usagers : « Il va falloir nous dire quand on a le droit de faire grève. »