La rentrée sociale s’annonce explosive. Pour la première fois depuis 2023, toutes les organisations syndicales appellent à une mobilisation interprofessionnelle le jeudi 18 septembre. Plus de 250 manifestations sont prévues dans l’ensemble du pays contre les mesures d’austérité présentées cet été par François Bayrou avant sa chute, et que son successeur, Sébastien Lecornu, n’a pas encore écartées. Les syndicats dénoncent des choix « brutaux », qui feraient peser une fois encore l’effort budgétaire sur « les travailleurs, les précaires, les retraités et les malades ». Dans l’éducation nationale, la mobilisation s’annonce massive. Le SNUipp-FSU prévoit un tiers d’enseignants grévistes dans le primaire, un niveau comparable à celui observé lors du conflit des retraites en 2023. À Paris, près de la moitié des professeurs devraient cesser le travail, entraînant la fermeture d’une centaine d’écoles. Fait rare, une majorité des syndicats de l’enseignement privé sous contrat se joignent au mouvement.
Perturbations attendues dans les transports
La circulation des trains sera fortement impactée : 90 % des TGV maintenus, mais seulement la moitié des Intercités et trois TER sur cinq, avec de fortes disparités régionales. En Île-de-France, le ministère des Transports incite au télétravail : plusieurs lignes de métro et de RER connaîtront de lourdes perturbations. Des actions de blocage sont également annoncées par les routiers dès l’aube, sur des péages et dans des zones industrielles. Les aéroports se préparent à une grève partielle : Air France sera touchée par un appel commun de plusieurs syndicats, mais les contrôleurs aériens ont choisi de reporter leur mouvement. À Paris, les salariés des sociétés de sous-traitance de Roissy et d’Orly pourraient rejoindre la mobilisation.
Des secteurs stratégiques en première ligne
Chez les éboueurs, le mouvement est déjà enclenché depuis plusieurs jours, avec un quart des agents de collecte en grève à Paris. La CGT annonce des « actions secrètes » jeudi. Dans l’énergie, la CGT, mobilisée depuis début septembre, sera rejointe par la CFDT, FO et la CFE-CGC. Les télécoms ne seront pas épargnés : chez SFR, les syndicats redoutent un démantèlement en cas de rachat et veulent relier leur lutte aux critiques nationales contre « un gouvernement au service des plus riches ». L’audiovisuel public fera aussi entendre sa voix : France Télévisions, Radio France et plusieurs sociétés de production dénoncent la réforme pilotée par Rachida Dati et les coupes budgétaires récentes. Enfin, de nombreuses pharmacies fermeront leurs portes pour protester contre la baisse des remises commerciales sur les génériques. Cette journée, que la CGT voit comme la « jonction de l’ensemble des colères », pourrait marquer un tournant. Après les échauffourées sociales du 10 septembre, le 18 s’annonce comme un test grandeur nature pour la nouvelle majorité, confrontée à une contestation syndicale retrouvant une rare unité.