Permission controversée à Vendin le Vieil, le détenu réintègre sa cellule
Permission controversée à Vendin le Vieil, le détenu réintègre sa cellule

Depuis le 1er septembre, la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil est le théâtre d’un mouvement inédit : une majorité des détenus liés au narcotrafic ont entamé une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de détention. Selon les syndicats pénitentiaires, ils auraient été plus de 70 à refuser leur plateau-repas dès le premier jour, même si la chancellerie minimise ces chiffres et affirme qu’une partie des prisonniers continuerait à s’alimenter avec les provisions en cellule. Les avocats, eux, décrivent un mouvement « horizontal et solidaire », motivé par ce qu’ils considèrent comme des conditions de vie « inhumaines ». Plusieurs détenus seraient même passés à la grève de la soif. L’action se veut pacifique : un communiqué signé du « super cartel de Vendin-le-Vieil » dénonce une volonté d’« écraser psychologiquement détenus et familles » et promet une résistance « sans violence ».

Des conditions dénoncées comme « inhumaines »

Au cœur des critiques : les visites familiales derrière des vitres quasi opaques, rendant la communication difficile, et la présence d’agents cagoulés pour accompagner les enfants, vécue comme une humiliation supplémentaire. Les horaires limités d’accès au téléphone (deux fois deux heures par semaine) ajoutent au sentiment d’isolement. Pour les avocats, cette situation « catastrophique » équivaut à une privation de lien humain élémentaire. « Une manifestation de désespoir », analyse l’une d’entre eux, qui décrit des clients « tristes » mais déterminés à maintenir une action pacifique.

L’État assume la fermeté

Le ministère de la justice ne montre aucun signe d’ouverture. Pour la chancellerie, ce mouvement prouve que la stratégie voulue par Gérald Darmanin, couper les narcotrafiquants de toute influence extérieure, fonctionne. Les recours déposés en justice par les avocats, notamment contre les réveils nocturnes par allumage de lumière, ont été rejetés en appel, renforçant la fermeté de l’administration. « Ce n’est pas aux détenus de fixer leurs conditions de détention », rappelle sèchement le ministère. L’administration se dit prête à gérer les conséquences médicales d’une grève prolongée, mais refuse toute négociation. Entre protestation déterminée des détenus et inflexibilité de l’État, Vendin-le-Vieil s’impose comme le symbole d’un nouveau modèle carcéral radical, qui interroge déjà sa viabilité sur le long terme.

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