Grève au BHV : les salariés vent debout contre l’arrivée de Shein à Paris
Grève au BHV : les salariés vent debout contre l’arrivée de Shein à Paris

L’emblématique grand magasin du Marais s’apprête à connaître une nouvelle zone de turbulence. Les salariés du BHV sont appelés à cesser le travail vendredi 10 octobre, entre 15 et 18 heures, pour protester contre l’installation de la marque chinoise Shein dans leurs murs. L’intersyndicale (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT et Sud Solidaires) dénonce une décision qui « menace la survie du magasin », déjà fragilisé depuis son rachat par la Société des grands magasins (SGM).

Une institution parisienne au bord du précipice

L’ouverture d’un espace permanent Shein, prévue en novembre au sixième étage, cristallise les tensions. Pour les représentants du personnel, accueillir un symbole de la fast fashion « ultra-éphémère » dans un lieu historique du commerce parisien relève de la provocation. Le BHV, cédé en 2023 par les Galeries Lafayette à la SGM de Frédéric Merlin, traverse une période critique. Plus de 300 emplois ont déjà disparu et de nombreux fournisseurs, impayés, se retirent les uns après les autres. Les syndicats dénoncent aussi des « carences d’entretien » et un climat social délétère. Dans les rayons, l’inquiétude se mêle à l’amertume. Des marques françaises comme Le Slip Français, Maison Lejaby ou Culture Vintage ont déjà plié bagage, excédées par les retards de paiement. L’arrivée du géant chinois, régulièrement épinglé pour ses pratiques environnementales et sociales, a fini de tendre les relations entre la direction et les salariés.

Une rupture de confiance jusque dans les institutions

Le malaise dépasse désormais le cadre du magasin. Mercredi, la Banque des territoires (Caisse des dépôts) a annoncé son retrait des discussions avec la SGM, qui espérait son aide pour racheter les murs du BHV. Motif invoqué : une « rupture de confiance ». Cette défection vient fragiliser un peu plus un projet déjà contesté. Pour les syndicats, la venue de Shein incarne la dérive d’une stratégie court-termiste qui sacrifie l’identité du BHV à la logique du rendement. « On ne peut pas sauver un grand magasin parisien en le livrant à la fast fashion », martèle un délégué. Vendredi, les salariés entendent faire entendre leur colère devant les portes du bâtiment de la rue de Rivoli, symbole d’un commerce à la française qui vacille sous les coups de la mondialisation low cost.

Que retenir rapidement ?

L’emblématique grand magasin du Marais s’apprête à connaître une nouvelle zone de turbulence. Les salariés du BHV sont appelés à cesser le travail vendredi

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