La mobilisation s’enlise. Pour la troisième journée consécutive, les taxis ont poursuivi mercredi 21 mai leur mouvement de protestation contre la réforme du transport de malades et la concurrence des VTC. À Paris comme en région, la tension est montée d’un cran, avec des heurts, des blocages, et des accusations d’agressions.
Transport médical en jeu, colère généralisée
À l’origine du conflit : la réforme de l’Assurance maladie qui prévoit, à partir du 1er octobre, une nouvelle tarification pour les trajets médicaux en taxi conventionné. Un bouleversement majeur pour la profession, qui tire une part considérable de ses revenus de ce service. Regroupement des patients, géolocalisation obligatoire, optimisation des trajets : le gouvernement parle d’efficacité. Les chauffeurs, eux, dénoncent une déshumanisation du métier et redoutent une baisse sèche de leur chiffre d’affaires. Partout en France, les taxis se sont donc mobilisés. À Paris, ils ont bloqué le boulevard Raspail sous la pluie, feux d’artifice et klaxons en renfort. À Orly, des accès secondaires à l’aéroport ont été temporairement neutralisés. À Marseille, c’est l’avenue du Prado qui a été paralysée. À Pau, le mouvement est reconduit « de façon illimitée », avec des actions ciblées devant les institutions locales.
Les VTC dans la ligne de mire
Mais au-delà du bras de fer avec l’État, les chauffeurs s’en prennent aussi aux VTC, accusés de concurrence déloyale. À Paris, Marseille ou Grenoble, plusieurs incidents ont été signalés, certains violents : jets d’œufs, menaces, bombes lacrymogènes, et même une tentative de passage en force en voiture, ayant entraîné une plainte. Uber, pris pour cible, a appelé à la désescalade, dénonçant les agressions de plusieurs de ses chauffeurs. De son côté, le ministère des Transports a promis un renforcement des contrôles, notamment contre les maraudes et les pratiques illégales. Un geste jugé insuffisant par les syndicats de taxis, qui réclament un gel immédiat de la réforme. Le dialogue reste possible, affirment les organisations professionnelles. Mais tant que le gouvernement ne recule pas sur la refonte du transport médical, les chauffeurs maintiennent la pression.