Tabac : le gouvernement annonce une interdiction de fumer autour des écoles et lieux fréquentés par les enfants
Tabac : le gouvernement annonce une interdiction de fumer autour des écoles et lieux fréquentés par les enfants

Fumer à proximité d’une école ou dans un espace où se trouvent des enfants sera bientôt interdit. C’est la principale annonce faite ce jeudi par Catherine Vautrin, ministre des Solidarités et des Familles, dans le cadre du déploiement du Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027. L’objectif : renforcer la protection des jeunes et enrayer l’exposition précoce au tabagisme passif.

« Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître », a affirmé la ministre lors d’un point presse, évoquant à la fois une mesure de santé publique et un impératif de justice sanitaire.

Une mesure qui s’accompagne de sanctions

Concrètement, le non-respect de l’interdiction pourra donner lieu à une contravention de 4ᵉ classe, soit une amende forfaitaire de 135 euros. Cette interdiction visera notamment les abords immédiats des écoles, des collèges, des lycées, ainsi que des aires de jeux pour enfants dans l’espace public.

Catherine Vautrin a précisé que le périmètre exact sera défini par décret, actuellement en cours de finalisation avec le Conseil d’État. Ce texte devra ensuite être appliqué de manière « pragmatique » par les collectivités locales.

« Nous ferons confiance aux élus pour le mettre en œuvre avec discernement », a déclaré la ministre.

Un tabou persistant aux portes des lycées

L’une des préoccupations majeures du gouvernement concerne le tabagisme des adolescents, particulièrement à l’entrée des établissements scolaires. L’image de groupes de lycéens ou collégiens fumant devant les grilles des écoles reste courante, malgré les campagnes de prévention.

« Il est essentiel de casser cette normalisation du geste. On ne peut pas accepter que des jeunes s’initient au tabac dès 12 ou 13 ans sous les yeux des adultes », a martelé Catherine Vautrin.

Selon les données de Santé publique France, près de 32 % des jeunes de 17 ans ont déjà fumé une cigarette, et un sur quatre déclare fumer régulièrement. Le tabac reste la première porte d’entrée vers les addictions.

Le coût humain et économique du tabac

Le discours de la ministre s’est aussi appuyé sur un argument financier. Le tabac tue environ 75 000 personnes par an en France, soit près de 200 décès par jour, selon les données de l’Institut national du cancer (INCa). Un fléau de santé publique qui engendre également des dépenses colossales. « Une vie n’a pas de prix, mais les cancers coûtent environ 150 milliards d’euros par an à notre système de santé. Le tabac n’est pas un problème individuel, c’est un fardeau collectif », a-t-elle souligné.

Et les cigarettes électroniques ?

Les terrasses de café et les cigarettes électroniques ne sont pas concernées pour l’instant par cette interdiction. Toutefois, Catherine Vautrin a indiqué vouloir resserrer la réglementation sur les e-cigarettes, en particulier les puffs et les arômes très prisés des jeunes.

« Je souhaite réduire le taux de nicotine autorisé et limiter fortement les arômes, souvent conçus pour séduire les adolescents », a-t-elle expliqué, tout en précisant qu’elle attendait « les avis scientifiques et techniques » nécessaires pour fixer les contours réglementaires. Ces mesures devraient entrer en vigueur avant la fin du premier semestre 2026.

Un mouvement déjà amorcé par les communes

Certaines collectivités locales n’ont pas attendu l’État pour agir. Depuis 2010, plus de 5 000 communes françaises ont déjà instauré, par arrêtés municipaux, des « espaces sans tabac » dans des lieux publics comme les parcs, plages ou stades. L’initiative est soutenue par la Ligue contre le cancer, qui milite depuis des années pour que les enfants ne soient plus exposés au tabagisme passif dans les lieux ouverts.

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