La question salariale revient au centre du débat social alors que la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, réclame une réouverture des négociations salariales dans les entreprises comme dans la fonction publique. Dans un entretien accordé au Parisien, elle estime que de nombreuses grilles salariales restent aujourd’hui « décrochées » du coût de la vie, certaines débutant encore à des niveaux proches du Smic malgré l’inflation persistante.
La patronne de la CFDT appelle notamment à revoir les minima de branches et à relancer des discussions sur les rémunérations dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie, du logement et de l’alimentation. Elle juge également insuffisantes les réponses apportées jusqu’ici aux salariés les plus modestes, particulièrement dans les services publics et les secteurs à faibles revenus.
Roland Lescure privilégie les négociations entreprise par entreprise
Invité de « Dimanche en politique » sur France 3, le ministre de l’Économie Roland Lescure a répondu que les entreprises « qui peuvent se le permettre » avaient déjà la possibilité d’ouvrir des négociations annuelles et de mettre en place des dispositifs comme les primes ou l’intéressement.
Le gouvernement refuse pour l’instant toute mesure générale de hausse des salaires pilotée par l’État. L’exécutif continue de privilégier une logique de négociation au niveau des entreprises ou des branches professionnelles, tout en mettant en avant les dispositifs d’intéressement, de participation et les primes défiscalisées.
Les syndicats dénoncent un décrochage du pouvoir d’achat
Plusieurs syndicats estiment toutefois que ces mécanismes restent insuffisants pour compenser la perte de pouvoir d’achat accumulée depuis plusieurs années. La question des grilles salariales proches du Smic devient particulièrement sensible, les revalorisations automatiques du salaire minimum comprimant progressivement les écarts de rémunération dans certains secteurs.
Dans la fonction publique, les organisations syndicales réclament également une nouvelle hausse du point d’indice après plusieurs années de tensions sur les rémunérations des agents publics. Le gouvernement reste pour l’instant prudent, invoquant le niveau déjà très élevé du déficit public et la dégradation des finances de l’État.
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