Les officines françaises s’apprêtent à vivre un samedi noir. L’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo), soutenue par plusieurs organisations professionnelles, appelle à fermer massivement les pharmacies le 16 août pour protester contre la baisse des remises commerciales accordées sur les médicaments génériques. Selon son président, Pierre-Olivier Variot, certains départements pourraient voir « 90 % des officines fermées », notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Côte-d’Or, en Saône-et-Loire et dans le Gers.
Un secteur sous pression économique
Cette mobilisation fait suite à la publication, début août, d’un arrêté abaissant progressivement le plafond des remises, aujourd’hui fixé à 40 %, à 30 % dès septembre 2025, puis à 20 % en 2027. L’État espère ainsi économiser 500 millions d’euros sur le poste médicament, dans le cadre d’un plan global de réduction des dépenses de santé de 1,7 milliard. Mais pour les pharmacies, cette mesure représente un coup dur : l’Uspo estime qu’une sur trois pourrait fermer dans les prochaines années, soit près de 6 000 établissements. Les syndicats redoutent licenciements, désertification médicale accrue et disparition de nombreuses petites officines de proximité. Face à ce qu’ils considèrent comme une menace vitale pour leur profession, ils prévoient déjà de reconduire la fermeture des pharmacies le 18 septembre, puis chaque samedi à partir du 27 septembre.