Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a sollicité mercredi le soutien des régions pour tripler les investissements dans le logement social et ainsi atteindre un budget total d’environ 7 milliards d’euros sur les quatre prochaines années. Cette initiative intervient alors que les prix de l’immobilier atteignent des niveaux records à travers le pays, tant à l’achat qu’à la location, exacerbant une crise du logement de plus en plus aiguë.
Dans une lettre adressée aux présidents des communautés autonomes, Sanchez propose que l’État central augmente sa contribution à 4 milliards d’euros — contre 1,7 milliard investis sur les trois dernières années. Il attend en retour que les gouvernements régionaux, en grande majorité dirigés par le Parti populaire (PP), complètent l’effort à hauteur de 2,7 milliards d’euros supplémentaires.
Le chef du gouvernement souhaite également que les régions s’engagent à préserver le caractère public du logement social, en interdisant notamment la revente des unités financées. Historiquement, une grande partie des logements construits avec des fonds publics en Espagne a été revendue au secteur privé, contribuant à la diminution de l’offre publique.
L’Espagne accuse un important retard en matière de logement social : ce type d’habitation représente seulement 3 % du parc immobilier national, contre une moyenne de 8 % dans l’Union européenne. La Banque d’Espagne estime le déficit de logements à environ 450 000 unités. Le plan de Sanchez vise à réduire cet écart, mais les détails sur son financement restent flous pour le moment. On ignore encore si le plan nécessitera l’approbation du Parlement.
Dans le même temps, le gouvernement de coalition, en position minoritaire au Congrès, tente de faire adopter une série de réformes fiscales visant à dissuader les locations touristiques et à freiner l’achat de logements par des étrangers. Le but affiché est de recentrer le marché immobilier sur les besoins résidentiels des Espagnols.
Enfin, une nouvelle base de données nationale devrait être mise en place afin de rassembler les informations issues des différents registres régionaux et nationaux. Elle permettra de mieux suivre l’évolution des prix des loyers, de recenser les logements destinés au tourisme et d’identifier les terrains disponibles pour de futures constructions.