Le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou a estimé mercredi que la réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie portée par le gouvernement se trouvait dans une « impasse ». Lors d’une conférence de presse, il a jugé qu’aucune majorité ne se dessinait pour permettre l’adoption du texte au Congrès de Versailles, condition nécessaire à une révision de la Constitution.
Selon lui, l’exécutif chercherait à faire porter au Parlement la responsabilité d’un éventuel échec. Il appelle à organiser les élections provinciales « fin mai début juin » afin de relancer le processus politique avant l’ouverture d’une nouvelle phase de discussions.
Un vote incertain au Congrès
La commission des Lois du Sénat a néanmoins donné un avis favorable au projet de loi constitutionnelle, assorti d’amendements destinés à intégrer les apports de l’accord Élysée Oudinot signé en janvier. Le texte pourrait être adopté en séance publique, mais l’absence annoncée du soutien socialiste rend incertaine l’obtention de la majorité des trois cinquièmes requise au Congrès.
Le projet s’inscrit dans la continuité de l’accord de Bougival conclu en juillet 2025. Il prévoit la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française, doté d’une nationalité propre et susceptible d’une reconnaissance internationale. Soutenu par une partie des acteurs locaux et des formations non indépendantistes, il reste contesté par le FLNKS.