Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé jeudi qu’il plaidera, lors du prochain sommet de l’Union européenne, pour l’utilisation des avoirs russes gelés en Occident afin de garantir un prêt de 140 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine. Cette initiative vise à soutenir l’effort de guerre ukrainien face à la Russie, alors que les besoins financiers de Kyiv restent colossaux et urgents.
S’exprimant devant le Parlement allemand, Merz a défendu l’idée d’un prêt européen sans intérêt, adossé à ces avoirs russes actuellement bloqués dans plusieurs juridictions européennes et nord-américaines. Il avait déjà formulé cette proposition fin septembre, mais entend désormais obtenir un consensus au niveau des chefs d’État et de gouvernement européens.
Selon Berlin, cette solution permettrait de débloquer une aide massive sans alourdir immédiatement les budgets nationaux des États membres, tout en exerçant une pression accrue sur Moscou. Le mécanisme impliquerait une garantie par les actifs gelés, tout en laissant ouverte la question de leur confiscation définitive, un sujet sensible sur le plan juridique international.
La proposition de Merz intervient dans un contexte marqué par une certaine lassitude financière chez plusieurs partenaires de l’UE, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année. Le chancelier espère rallier le soutien de pays comme la France, les Pays-Bas ou les États baltes, favorables à des mesures plus audacieuses face à la Russie.
Ce débat sera l’un des points centraux du prochain Conseil européen, qui portera également sur la situation au Moyen-Orient et la résilience économique de l’Europe face aux tensions géopolitiques croissantes.