Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré dimanche que l’Allemagne devait se tourner vers de nouveaux partenaires commerciaux, au-delà de son accord actuel avec les États-Unis et l’Union européenne, marqué par des droits de douane de 15 % sur les produits européens. Selon lui, Berlin doit anticiper un monde où Washington ne respecterait plus pleinement les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
« Comment gérer le commerce mondial si, par exemple, les Américains ne sont plus disposés à respecter les règles de l’OMC ? », a interrogé Merz lors d’une journée portes ouvertes du gouvernement à Berlin, un événement annuel qui permet au public de visiter les institutions fédérales et d’échanger avec les responsables politiques.
Le chancelier a souligné que l’économie allemande, fortement dépendante des exportations, ne pouvait se permettre de miser sur un nombre limité de partenaires stratégiques. Il a appelé à diversifier les débouchés, notamment vers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine, afin de réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis et de compenser les effets des tensions commerciales transatlantiques.
Cette prise de position intervient dans un contexte de crispation croissante entre Bruxelles et Washington. Les tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur de nombreux produits européens continuent de peser sur les industriels allemands, particulièrement dans l’automobile, la chimie et la sidérurgie.
Merz a insisté sur la nécessité pour l’Allemagne de rester un acteur majeur du commerce mondial, tout en s’adaptant à un ordre économique international de plus en plus fragmenté. « Nous devons défendre nos intérêts et bâtir des alliances commerciales solides avec d’autres régions du monde », a-t-il affirmé.
Pour l’heure, Berlin espère éviter une escalade commerciale avec Washington, mais le message du chancelier traduit une volonté claire de préparer l’économie allemande à une redistribution des cartes dans les échanges internationaux.