WASHINGTON – Le décret signé par le président américain Donald Trump interdisant aux ressortissants de 12 pays d’entrer sur le sol américain entre en vigueur ce lundi à 00h01 (heure de Washington). Officiellement motivée par des préoccupations de sécurité nationale, cette mesure marque un retour assumé à l’une des politiques les plus controversées de son premier mandat.
Les pays concernés par cette interdiction totale sont l’Afghanistan, le Myanmar, le Tchad, la République du Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, Haïti, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen. Pour sept autres pays – Burundi, Cuba, Laos, Sierra Leone, Togo, Turkménistan et Venezuela – des restrictions partielles sont mises en place.
Donald Trump, candidat à sa réélection en 2028, a justifié cette décision par la volonté de protéger les États-Unis contre des « terroristes étrangers ». Selon lui, ces pays sont soit incapables de vérifier correctement l’identité de leurs ressortissants, soit peu coopératifs avec les autorités américaines en matière de sécurité, soit à l’origine de taux élevés de dépassement de visas.
Le président a notamment cité l’attaque survenue récemment à Boulder, dans le Colorado, où un Égyptien a jeté un cocktail Molotov sur une foule de manifestants pro-israéliens, pour illustrer la menace. Ironiquement, l’Égypte ne figure pas sur la liste des pays visés par le décret.
La décision suscite déjà une vague de critiques à l’étranger. Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a annoncé une mesure de réciprocité, suspendant la délivrance de visas aux citoyens américains. « Le Tchad n’a ni avions à offrir ni milliards à donner, mais le Tchad a sa dignité », a-t-il déclaré sur Facebook.
Aux États-Unis, des voix s’élèvent également contre le décret. Le représentant démocrate Ro Khanna a dénoncé une mesure « draconienne et inconstitutionnelle », rappelant que « les citoyens ont le droit de demander l’asile ».
Des craintes grandissent également chez les ressortissants afghans ayant travaillé pour les États-Unis ou pour des projets financés par Washington. Nombre d’entre eux redoutent d’être contraints de retourner en Afghanistan, où ils risquent des représailles de la part des talibans, sans possibilité de réinstallation sécurisée aux États-Unis.