Après Lyon, c’est au tour de la Région Île-de-France de dire adieu à Microsoft. La collectivité, qui gère les données de plus de 550 000 lycéens, a lancé une migration progressive vers des solutions locales. Derrière ce virage numérique se cache une décision hautement politique : réduire la dépendance aux géants américains et reprendre la main sur des données jugées sensibles, en particulier celles des mineurs. La bascule a déjà commencé avec la fermeture des comptes Microsoft 365. Pour le stockage, c’est Leviia, spécialiste français du cloud souverain, qui a été choisi. Côté vie scolaire, la Région s’appuie désormais sur Docaposte, filiale numérique de La Poste. Son PDG, Olivier Vallet, insiste sur la continuité avec la mission historique du groupe : garantir la confiance, hier dans le courrier papier, aujourd’hui dans la gestion des données numériques.
Souveraineté numérique et finances en toile de fond
Pour la messagerie, la Région a opté pour Worldline, un autre acteur tricolore. Selon Bernard Giry, directeur de la transformation numérique au sein de la collectivité, le critère du stockage sécurisé des données des élèves a été déterminant. Mais la dimension budgétaire a aussi pesé lourd : Microsoft aurait appliqué des hausses tarifaires dépassant parfois 30 % pour certaines collectivités, soit des centaines de milliers d’euros supplémentaires à la charge des contribuables franciliens.
Un virage encore partiel
Si la souveraineté numérique est l’argument clé de cette transition, la Région n’a pas complètement coupé les ponts avec les services américains. La gestion interne de ses systèmes informatiques reste confiée à ServiceNow, préféré au français EasyVista. D’après Bernard Giry, environ la moitié des technologies utilisées par la collectivité sont désormais européennes. Entre volonté politique, impératifs financiers et enjeu de protection des données, ce changement marque un tournant dans la gestion numérique des lycées franciliens. Reste à voir si d’autres collectivités suivront ce modèle, et si cette mue vers le « fabriqué en France » deviendra la norme dans l’administration publique.
Que retenir rapidement ?
Après Lyon, c’est au tour de la Région Île-de-France de dire adieu à Microsoft. La collectivité, qui gère les données de plus de 550 000 lycéens, a lancé u