MANCHESTER – La ministre britannique des Finances, Rachel Reeves, a annoncé mercredi un investissement massif de 15,6 milliards de livres sterling (soit environ 21,1 milliards de dollars) dans les infrastructures de transport dans les villes en dehors de Londres. Cette décision, attendue de longue date, vise à corriger des décennies de sous-investissement dans les régions du nord et du centre de l’Angleterre.
Dans un discours prononcé à Manchester, Reeves a déclaré que « la prospérité de la Grande-Bretagne ne peut pas dépendre d’un petit nombre de zones en avance sur le reste du pays ». Elle a souligné que les déséquilibres régionaux dans les infrastructures et la croissance économique avaient creusé des écarts majeurs entre les territoires. L’annonce constitue le premier grand volet du rapport sur les dépenses publiques que le gouvernement présentera le 11 juin, et qui fixera les priorités budgétaires pour le reste de la législature.
Le gouvernement travailliste de Keir Starmer, confronté à des critiques après ses contre-performances aux dernières élections locales, cherche ainsi à prouver sa capacité à améliorer concrètement les services publics et à relancer les régions délaissées. De nombreuses villes britanniques en dehors de la capitale souffrent de réseaux de transport vétustes, qui pèsent sur leur productivité. L’OCDE a régulièrement pointé ces lacunes comme un frein à la croissance nationale.
La majeure partie des fonds annoncés aujourd’hui avait déjà été promise par le gouvernement conservateur précédent, dirigé par Rishi Sunak, après l’annulation d’une portion de la ligne à grande vitesse nord-sud HS2. Toutefois, ces projets restaient en attente d’un engagement budgétaire ferme de Londres, ce que l’annonce de Reeves vient désormais confirmer. Les investissements se répartiront entre les exercices 2027/28 et 2031/32.
Les programmes retenus comprennent des extensions des réseaux de métro dans les West Midlands, le Grand Manchester, le Nord-Est et le South Yorkshire, ainsi que le développement d’un premier réseau de transport en commun pour le West Yorkshire, une région densément peuplée de 2,3 millions d’habitants. Selon Jonny Haseldine, des Chambres de commerce britanniques, ces annonces vont permettre aux entreprises locales de « planifier et investir avec confiance » dans les économies régionales.
Il s’agit du premier examen pluriannuel des dépenses publiques depuis 2015, hors période exceptionnelle de la pandémie. L’Institute for Fiscal Studies, un organisme indépendant, a estimé que cette révision budgétaire pourrait devenir « l’un des événements de politique intérieure les plus décisifs » du gouvernement travailliste.