JÉRUSALEM – Le général Eyal Zamir, chef d’état-major de l’armée israélienne depuis janvier 2025, s’est ouvertement opposé à la volonté du Premier ministre Benjamin Netanyahou de procéder à une prise de contrôle totale de la bande de Gaza, ravivant les tensions historiques entre les responsables militaires israéliens et le pouvoir politique.
Zamir, ancien commandant de chars et ex-secrétaire militaire de Netanyahou, incarne une ligne stratégique plus prudente que celle défendue par le chef du gouvernement. Alors que Netanyahou envisage un élargissement de l’offensive militaire pour reprendre l’ensemble du territoire gazoui, Zamir défend une approche plus ciblée, mettant en garde contre les risques sécuritaires et politiques à long terme d’une telle opération.
Cette divergence de vues n’est pas une première dans l’histoire israélienne. Les relations entre le pouvoir exécutif et les chefs militaires ont souvent été marquées par des désaccords de fond, particulièrement sur les grandes orientations sécuritaires. Mais dans le contexte actuel de guerre prolongée à Gaza et de tensions internes croissantes en Israël, la voix discordante de Zamir prend une résonance particulière.
Nommé à la tête de Tsahal au début de l’année, Eyal Zamir bénéficie d’une solide réputation dans les cercles militaires pour sa rigueur tactique et sa connaissance fine des dossiers opérationnels. Sa proximité passée avec Netanyahou ne l’a toutefois pas empêché de s’opposer fermement à l’option de l’occupation complète, jugée contre-productive sur le plan militaire et susceptible d’enliser davantage Israël dans le conflit.
Selon plusieurs analystes, cette opposition frontale pourrait fragiliser l’unité de la chaîne de commandement à un moment critique, alors que le gouvernement fait face à une pression croissante, aussi bien nationale qu’internationale, pour parvenir à une solution durable dans l’enclave palestinienne.
Reste à savoir si Zamir maintiendra sa position face à un exécutif qui, jusqu’à présent, s’est montré peu enclin à infléchir sa stratégie. Pour l’instant, l’état-major continue d’agir sur le terrain, tout en réclamant une évaluation plus large des conséquences humanitaires, politiques et stratégiques d’un contrôle total de Gaza.