Le Parlement cambodgien a approuvé lundi une loi autorisant la révocation de la citoyenneté pour toute personne reconnue coupable de trahison, dans un contexte de répression accrue contre l’opposition politique.
Le texte, adopté par 120 des 125 députés de l’Assemblée nationale dominée par le Parti du peuple cambodgien (CPP), au pouvoir depuis plusieurs décennies, vise spécifiquement ceux jugés coupables de conspiration avec des puissances étrangères ou de complot contre les intérêts du pays.
Cette nouvelle législation intervient alors que de nombreuses figures de l’opposition ont fui à l’étranger pour échapper à des poursuites qu’elles jugent politiquement motivées. Depuis la dissolution du Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC) par la Cour suprême en 2017, les autorités ont mené des procès de masse contre plus de cent opposants, dont beaucoup ont été condamnés par contumace pour trahison ou incitation.
Le gouvernement affirme que cette mesure vise à protéger la sécurité nationale. Mais les critiques y voient un outil supplémentaire pour museler toute dissidence, dans un pays où les dernières élections se sont déroulées sans véritable opposition, réduite au silence par la force.
Les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs organisations de défense des droits humains ont dénoncé cette dérive autoritaire, accusant le CPP de verrouiller le pouvoir à travers des lois liberticides.
Le Premier ministre cambodgien Hun Manet, qui a succédé à son père Hun Sen en 2023, avait promis une certaine ouverture politique, mais les observateurs estiment que la répression s’est intensifiée depuis son arrivée au pouvoir.