La Suisse a annoncé mardi qu’elle étudiait la possibilité de rejoindre un groupe de travail international mené par le Royaume-Uni pour lutter contre la corruption et cibler les kleptocrates, dans le but de récupérer des avoirs volés. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de tourner la page de sa réputation de refuge pour l’« argent sale ».
Le Centre international de coordination de la lutte contre la corruption (IACCC), basé à Londres, rassemble plusieurs pays autour d’un objectif commun : renforcer les enquêtes et la coopération transfrontalière contre les flux financiers illicites. Actuellement, la Suisse détient le statut d’observateur mais a été invitée par le gouvernement britannique à devenir membre à part entière, selon un communiqué du ministère suisse des Affaires étrangères.
« Dans ce contexte, la Suisse examine actuellement différentes options pour sa future coopération avec l’IACCC. Aucune décision n’a encore été prise à ce sujet », a précisé le ministère. Un responsable du gouvernement britannique, qui a requis l’anonymat, a indiqué que le ministre des Affaires étrangères David Lammy avait discuté de cette adhésion potentielle lors d’une visite à Berne plus tôt ce mois-ci.
L’intégration à ce groupe permettrait aux autorités helvétiques de partager davantage de renseignements avec leurs homologues étrangers et de collaborer sur des enquêtes majeures visant à démanteler les circuits de financement illicites. « La Suisse est un partenaire clé dans la lutte contre le financement illicite et la corruption », a déclaré Lammy, ajoutant que sa participation serait « inestimable ».
Premier gestionnaire mondial de fortunes offshore, la Suisse cherche depuis plusieurs années à améliorer son image et à accroître sa transparence. Elle a déjà introduit de nouvelles règles sur la propriété effective et renforcé ses mécanismes de surveillance financière, dans un contexte de pressions internationales croissantes pour endiguer les flux financiers illégaux transitant par son territoire.