La Hongrie privatise sa défense : Orban cède le contrôle majoritaire à un groupe proche du pouvoir
La Hongrie privatise sa défense : Orban cède le contrôle majoritaire à un groupe proche du pouvoir

Le gouvernement hongrois a annoncé mercredi soir son intention de céder la majorité de ses parts dans l’industrie nationale de la défense à un groupe privé, une décision aux lourdes implications économiques et politiques à un an des élections législatives. Cette privatisation, qui verra l’État transférer 75 % plus une voix de sa participation à une filiale du groupe technologique 4iG, intervient alors que le Premier ministre Viktor Orban affronte son défi électoral le plus sérieux depuis son retour au pouvoir en 2010.

L’opération sera menée via la société publique N7 Holding, qui détient des participations dans neuf entreprises du secteur de la défense. Ces actifs seront regroupés sous une nouvelle entité, N7 Defence Zrt., dont la majorité passera sous le contrôle de 4iG SDT, une branche du groupe 4iG. Le reste des parts, soit 25 % moins une voix, restera propriété de l’État hongrois. La transaction est estimée à 82,8 milliards de forints, soit environ 238,4 millions de dollars.

L’accord inclut notamment les parts étatiques dans l’usine hongroise du géant allemand Rheinmetall, dans le site de production d’Airbus Helicopters et dans une fabrique d’armes à feu. Cette cession marque un tournant dans la stratégie de défense du pays, qui, depuis 2017, investit massivement dans la modernisation de ses forces armées. Des chars, hélicoptères, systèmes de défense aérienne ont été acquis, et plusieurs fabricants étrangers ont été incités à s’implanter sur le sol hongrois.

L’annonce fait d’autant plus de bruit que le groupe 4iG, bénéficiaire de nombreux contrats publics, est perçu comme proche du pouvoir. Son PDG, Gellert Jaszai, a notamment accompagné Viktor Orban à Mar-a-Lago fin 2024, où il aurait rencontré Donald Trump et Elon Musk, selon ses publications sur LinkedIn. En réaction à cette annonce, l’action 4iG a bondi de 6,4 % jeudi matin.

L’opposition, emmenée par Peter Magyar, chef du nouveau parti Tisza, a vivement dénoncé cette décision. Dans un communiqué, il a qualifié la privatisation de « trahison » et appelé à la suspendre immédiatement. Selon plusieurs sondages, Tisza devance actuellement le Fidesz, le parti de Viktor Orban, dans les intentions de vote. Ce contexte électoral tendu donne à cette privatisation une dimension hautement polémique.

Partager