Le président argentin Javier Milei a opposé son veto lundi à un projet de loi voté en juillet par le Congrès, qui prévoyait une augmentation des retraites ainsi que le renforcement des protections pour les personnes handicapées. Le chef de l’État a justifié sa décision par la nécessité de préserver l’équilibre budgétaire du pays, selon un décret publié dans le journal officiel.
Ce rejet intervient dans un contexte économique extrêmement tendu en Argentine, où l’administration Milei mène une politique de rigueur et de réduction drastique des dépenses publiques, dans le but de restaurer la stabilité financière. « L’administration des ressources publiques doit être effectuée de manière responsable, conformément aux objectifs publics et au principe de bonne administration », stipule le décret présidentiel.
Adopté à une large majorité par les deux chambres du Congrès, le texte avait reçu le soutien de l’opposition, mais également de certains alliés de la coalition présidentielle, soucieux de répondre aux attentes sociales croissantes dans un pays frappé par l’inflation et l’appauvrissement généralisé.
Le veto de Milei risque d’alimenter les tensions politiques et sociales déjà vives dans le pays. Plusieurs syndicats et associations de retraités avaient salué le vote parlementaire comme un geste de justice sociale, après plusieurs années de dépréciation du pouvoir d’achat des pensions. La suppression du texte pourrait donner lieu à des manifestations dans les jours à venir.
Depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2023, Javier Milei gouverne avec une ligne ultralibérale assumée, centrée sur la dérégulation de l’économie, la réduction de l’État et la lutte contre le déficit. Ces réformes ont séduit une partie de l’électorat, mais elles rencontrent aussi une vive résistance, notamment dans les secteurs les plus vulnérables de la population.
Le président, qui reste déterminé à imposer sa vision d’un « choc d’ajustement », a affirmé à plusieurs reprises qu’il n’hésiterait pas à recourir à ses pouvoirs exécutifs pour éviter tout dérapage budgétaire, même face à des décisions majoritaires du Parlement. Ce veto en constitue une nouvelle illustration.