Erik Prince, fondateur de la société militaire privée Blackwater et allié politique de Donald Trump, a annoncé un projet ambitieux : déployer ses forces en Haïti pour une durée de dix ans, dans le cadre d’un accord conclu avec le gouvernement haïtien. Objectif affiché : éradiquer l’emprise des gangs criminels et mettre en place un système de collecte des impôts sur le long terme.
Dans un entretien accordé à Reuters, Prince a expliqué que sa nouvelle société, Vectus Global, mènerait des opérations armées pour sécuriser les principaux axes routiers du pays et rétablir le contrôle de l’État sur des zones aujourd’hui dominées par les groupes criminels. Une fois la sécurité rétablie, l’entreprise participerait à la conception et à la gestion d’un programme fiscal visant notamment la taxation des marchandises transitant à la frontière avec la République dominicaine.
L’homme d’affaires a déclaré vouloir rétablir la libre circulation sur les routes stratégiques, affirmant qu’un des indicateurs clés de succès serait la possibilité de voyager de Port-au-Prince à Cap-Haïtien dans un véhicule léger « sans être arrêté par les gangs ». Il espère atteindre cet objectif en environ un an.
Selon une source proche du dossier, Vectus Global prévoit de mobiliser une force privée équipée de tireurs d’élite, d’hélicoptères et de navires afin d’appuyer les forces locales. Prince n’a pas souhaité révéler le montant du contrat conclu avec le gouvernement haïtien, ni les projections financières liées au futur système de taxation.
Cette initiative intervient dans un contexte de crise sécuritaire aiguë en Haïti, où les gangs armés contrôlent une grande partie du territoire, paralysant l’économie et aggravant l’instabilité politique. Le recours à une force militaire privée pour une mission de sécurité et de collecte d’impôts sur une décennie soulève toutefois de vives interrogations quant à la souveraineté nationale et aux implications politiques d’un tel accord.