La Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) demande au gouvernement de mettre en place des mesures décisives pour atteindre l’objectif de 40 milliards d’euros d’économies pour le budget 2026. Cyril Chabanier, président de la CFTC, a exprimé sur franceinfo ce lundi 14 avril son scepticisme quant à la capacité de réaliser ces économies sans impliquer des actions claires, notamment vis-à-vis des entreprises et des plus hauts salaires.
Des aides aux entreprises à réévaluer
Chabanier pointe du doigt les 200 milliards d’euros d’aides versées aux entreprises sans conditions ni évaluation de leur efficacité. « On n’est pas contre les aides aux entreprises, mais il est urgent d’évaluer leur impact. Si 10% de ces aides sont inefficaces, cela représente près de 20 milliards d’euros qui pourraient être réalloués », a-t-il souligné. Le syndicat réclame un audit complet pour vérifier la rentabilité de ces aides.
Il insiste également sur la question des dividendes, qui ont atteint des niveaux record en 2024, avec près de 100 milliards d’euros versés, dont 70 milliards dans les entreprises du CAC 40. « En pleine période de difficultés économiques, alors que les plans sociaux se multiplient, il est temps que ces entreprises partagent davantage leurs bénéfices avec la collectivité », affirme Chabanier.
Un retour aux priorités sociales et une réforme des retraites
Cyril Chabanier soutient la proposition du ministre de l’Économie, Eric Lombard, de « dépenser mieux », mais insiste sur la nécessité d’investir dans des secteurs clés comme l’éducation, la santé, la réindustrialisation et la transition écologique. « Il est essentiel de ne pas sabrer dans ces secteurs déjà fragilisés, sinon cela sera incompris par les Français », ajoute-t-il.
Sur le plan des retraites, la CFTC persiste dans sa position contre la réforme actuelle, en particulier le recul de l’âge de départ à 64 ans. Chabanier plaide pour une légère augmentation des cotisations, proposant une hausse de 6 euros par salarié, aussi bien pour les employeurs que les salariés, ce qui pourrait générer jusqu’à 10 milliards d’euros. Il réitère sa demande pour un retour à un âge de départ de 62 ou 63 ans, jugeant que cela est nécessaire pour un système de retraites plus juste et viable.