À quelques jours de l’ultimatum fixé par Donald Trump, l’Union européenne semble se résigner à accepter un accord commercial asymétrique avec les États-Unis. Washington maintiendrait des droits de douane universels de 10 % sur les produits européens, en échange d’allègements ciblés sur des secteurs jugés stratégiques pour l’Europe.
Des concessions pour sauver l’automobile, l’acier et la maroquinerie
Le négociateur européen Maros Sefcovic est attendu à Washington avec un objectif : épargner les piliers industriels du continent. Bruxelles réclame une réduction des droits sectoriels, notamment ceux sur l’automobile (actuellement à 25 %), l’acier et l’aluminium (jusqu’à 50 %). Le Royaume-Uni a déjà accepté un compromis du même type. Pour l’UE, il s’agirait d’éviter une guerre commerciale totale qui risquerait de ruiner des filières entières. L’Allemagne, par exemple, redoute une hémorragie dans son industrie automobile fortement dépendante des exportations vers les États-Unis.
Selon le cabinet Asterès, si Trump met en œuvre des droits de douane de 20 % sur les produits de luxe français (vins, cosmétiques, maroquinerie), la France pourrait perdre plus de 17 000 emplois. Une taxe de 50 % ferait grimper ce chiffre à 45 000. Le gouvernement français se montre donc prudent : frapper fort en retour serait populaire, mais risquerait d’aggraver la situation. Bruxelles, de son côté, a déjà préparé une salve de représailles ciblant pour 95 milliards d’euros de produits américains, mais hésite à l’activer.
Alors que Trump menace d’imposer jusqu’à 50 % de taxes dès le 9 juillet, les Européens semblent jouer la montre, espérant un compromis de dernière minute pour éviter une crise commerciale aux effets ravageurs pour les deux économies.