BRUXELLES — Les États membres de l’Union européenne ont donné leur feu vert à un assouplissement des objectifs d’émissions de dioxyde de carbone (CO2) pour les voitures et les camionnettes, offrant ainsi un répit aux constructeurs automobiles européens confrontés à des difficultés pour atteindre les seuils actuels. La mesure, qui doit encore être approuvée par le Parlement européen, permettrait d’étaler les exigences sur la période 2025-2027 au lieu de les appliquer strictement dès cette année.
Cet ajustement intervient dans un contexte de pression croissante de l’industrie automobile, qui peine à rattraper ses concurrents chinois et américains sur le marché des véhicules électriques. Faute de ventes suffisantes de modèles à zéro émission, certains constructeurs risquaient des pénalités pouvant atteindre 15 milliards d’euros. Selon les nouvelles règles proposées par la Commission européenne, les constructeurs seront évalués sur leurs performances moyennes sur trois ans, ce qui devrait atténuer le choc financier et leur laisser davantage de marge pour ajuster leur offre.
Le texte a été salué comme une victoire pour les lobbies industriels, qui ont multiplié les démarches pour faire infléchir la politique environnementale de l’UE, jugée trop rigide dans un contexte économique incertain et face à une concurrence accrue. Il s’agit également d’un signal adressé à un secteur stratégique pour l’économie européenne, au moment où de nombreux pays membres tentent de relancer leur production industrielle.
La décision doit encore être entérinée par un vote du Parlement européen, prévu ce jeudi. Selon les observateurs, l’adoption semble acquise, les parlementaires ayant déjà accepté de raccourcir le processus législatif pour éviter une rupture avec les États membres.
L’ajustement des objectifs de CO2 ne remet pas en cause la stratégie globale de l’UE en faveur de la transition énergétique, mais témoigne d’un rééquilibrage temporaire entre ambition environnementale et réalisme industriel. Cette souplesse pourrait également raviver les critiques des ONG et défenseurs du climat, qui craignent un recul sur les engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre.
L’UE reste toutefois engagée à interdire la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035, un cap que la Commission assure ne pas remettre en question malgré ces ajustements ponctuels.