Presque un an après son arrestation, Boualem Sansal a été gracié ce mercredi par le président Abdelmadjid Tebboune. L’écrivain franco-algérien de 80 ans, condamné à cinq ans de prison et atteint d’un cancer de la prostate, doit sa libération à l’intervention décisive du président allemand Frank-Walter Steinmeier. Dans une lettre adressée lundi à Tebboune, le chef de l’État allemand appelait à un « geste humanitaire », proposant même que Sansal soit transféré en Allemagne pour y être soigné. Ce plaidoyer diplomatique a permis de débloquer un dossier devenu explosif, alors que Paris n’avait plus aucun levier pour agir.
L’Allemagne, médiatrice d’un dégel diplomatique
L’Algérie, soucieuse de préserver sa prochaine visite d’État à Berlin, a accepté la grâce, y voyant une porte de sortie élégante à un embarras croissant. Car malgré les pressions françaises, Tebboune ne voulait pas donner l’image d’un dirigeant cédant à Paris. Le contexte s’y prêtait : l’Allemagne, considérée comme un « pays ami », a su apparaître comme un partenaire neutre. À Alger, plusieurs sources confirment que la libération de Sansal était envisagée depuis des mois, retardée par « les attaques répétées de Bruno Retailleau » et la récupération du dossier par la droite française.