Le Premier ministre François Bayrou a adressé aux partenaires sociaux une lettre de cadrage visant à dégager entre 2 et 2,5 milliards d’euros d’économies annuelles sur l’assurance chômage entre 2026 et 2029. La réforme, qui devra être négociée d’ici au 15 novembre, prévoit une montée en charge progressive pour atteindre au moins 4 milliards d’euros d’économies en régime de croisière à partir de 2030.
Un tour de vis sur les conditions d’indemnisation
Le document gouvernemental préconise de modifier la durée minimale d’emploi et la période de référence ouvrant droit à indemnisation, afin de réduire la durée maximale d’allocation. Il évoque aussi un renforcement des incitations au retour à l’emploi, notamment pour les bénéficiaires de rupture conventionnelle et les seniors. François Bayrou justifie cette orientation par la nécessité de « travailler plus » et rappelle que la France offre des conditions d’indemnisation supérieures à la moyenne européenne.
Les syndicats dénoncent une attaque contre les plus précaires. Denis Gravouil (CGT) fustige un « plan d’économies violent », tandis que Marylise Léon (CFDT) parle de « carnage total pour les demandeurs d’emploi ». FO a déjà déposé un préavis de grève du 1er septembre au 30 novembre et une pétition contre le « budget Bayrou » a recueilli plus de 300 000 signatures.
Cette initiative survient moins de cinq mois après l’entrée en vigueur d’une précédente réforme issue de l’accord conclu en novembre 2024. Si les négociations échouent, le gouvernement se réserve le droit d’imposer ses propres règles, comme il l’avait déjà envisagé lors de la réforme suspendue en 2024 sous Gabriel Attal.