L’émotion suscitée par l’agression mortelle d’une surveillante devant un collège de Haute-Marne relance la question du port d’armes blanches par les mineurs, un phénomène en nette hausse ces derniers mois. En réaction, François Bayrou a détaillé ce mardi soir plusieurs pistes que le gouvernement entend explorer pour freiner cette inquiétante dérive.
Ventes interdites, portiques envisagés
Premier volet du plan : interdire la vente de couteaux aux mineurs, en ligne comme en magasin. Emmanuel Macron a confirmé la mesure en affirmant qu’un adolescent de 15 ans ne pourra plus se procurer une telle arme via Internet. Autre piste : l’expérimentation de portiques de détection d’armes à l’entrée des établissements scolaires. Une idée déjà évoquée en mars, après une série de rixes meurtrières, et aujourd’hui relancée malgré des réticences. Car l’efficacité de ces portiques fait débat. Gabriel Attal et Édouard Philippe ont exprimé leur scepticisme, redoutant des attroupements à l’entrée des collèges et des effets de communication contre-productifs. Quant aux contrôles aléatoires, 6 000 ont été menés depuis mars : ils ont permis la saisie de 186 couteaux.
Une vague d’agressions inquiétante
Les faits récents illustrent l’urgence : meurtres à Nantes, Dax ou dans l’Essonne, souvent sur fond de querelles futiles ou de règlements de comptes. Dans certains cas, les armes sont achetées en ligne, comme cette machette de 44,5 cm utilisée à la sortie d’un entraînement de football. En un an, les signalements d’armes blanches en milieu scolaire ont bondi de 15 %. François Bayrou attend les conclusions d’un rapport parlementaire confié à Naïma Moutchou, qui recommande notamment la vidéosurveillance obligatoire autour des écoles. En parallèle, un plan spécifique a été déployé à Paris : il cible à la fois les établissements scolaires et les commerces d’armes.
Une tendance qui dépasse les frontières
La France n’est pas la seule à être confrontée à cette montée en puissance du port d’armes chez les jeunes. Au Royaume-Uni, les crimes au couteau ont augmenté de 40 % depuis 2011. Dix-huit adolescents ont été tués à Londres en 2023. En Suisse et en Espagne, des campagnes de prévention ont été engagées. L’OMS alerte quant à elle sur une donnée globale : chaque année, près de 193 000 homicides impliquent des jeunes de 15 à 29 ans dans le monde. Le chef de l’État souhaite aller plus loin. Il a évoqué la possibilité de sanctions financières massives, l’interdiction pure et simple de certaines ventes, et une mobilisation européenne pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il appelle à s’attaquer non seulement aux symptômes, mais aussi aux causes profondes de la violence juvénile. Un chantier de longue haleine qui ne pourra se résumer à des portiques ou des contrôles ponctuels.