Wi-Fi dans les TGV : Starlink et Eutelsat en piste pour révolutionner la connexion à bord
Wi-Fi dans les TGV : Starlink et Eutelsat en piste pour révolutionner la connexion à bord

Connexion instable, pages qui ne chargent pas, visioconférences impossibles à maintenir : pour de nombreux voyageurs, le Wi-Fi dans les TGV reste une promesse non tenue. Face à cette frustration généralisée, la SNCF se prépare à changer de cap. Elle a lancé une consultation pour équiper ses trains d’un accès internet à très haut débit via satellites en orbite basse, marquant peut-être la fin d’un réseau poussif à 300 km/h. Derrière ce projet ambitieux, deux géants du spatial s’affrontent déjà en coulisses : Starlink, le réseau d’Elon Musk fort de 7 500 satellites actifs, contre OneWeb, la constellation britannique désormais adossée à Eutelsat, qui en aligne près de 600. Starlink part avec un avantage certain : il équipe déjà plusieurs compagnies aériennes et a été adopté par le réseau ferroviaire écossais ScotRail. Ses satellites, plus nombreux, plus petits et moins coûteux, offrent une latence réduite, essentielle pour garantir une connexion fluide à bord.

Un tournant technologique pour la SNCF

Pour l’heure, la SNCF reste prudente. Elle reconnaît que des expérimentations sont en cours, mais assure qu’aucune décision n’a été prise, et surtout aucun fournisseur sélectionné. Toutefois, cette initiative, si elle va à son terme, pourrait révolutionner l’expérience de voyage, en supprimant les failles du dispositif actuel. Depuis 2016, le Wi-Fi à bord repose sur une architecture terrestre lourde : 18 000 antennes embarquées, 124 km de fibre, des relais tous les 3 km le long des voies. Un système mis à mal dès que les rames dépassent les 200 km/h, la vitesse à laquelle l’effet Doppler vient perturber les fréquences radio. Avec un train filant à près de 100 mètres par seconde, capter la 4G devient un exploit. Le signal change trop vite de relais pour offrir une couverture stable. Le recours à une constellation de satellites en orbite basse contournerait ce problème en assurant une couverture continue, indépendamment de la vitesse ou de la localisation géographique du train. La compétition entre Starlink et Eutelsat pourrait aboutir à une nouvelle ère de connectivité ferroviaire, mais les défis restent nombreux : coût du déploiement, intégration technique, conservation des performances sur l’ensemble du territoire. Pour les usagers, l’enjeu est simple : que la promesse d’un Wi-Fi fluide dans les TGV cesse enfin d’être une chimère.

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