Wauquiez veut exiler les OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon : tollé général dans la classe politique
Wauquiez veut exiler les OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon : tollé général dans la classe politique

C’est une proposition qui fait l’unanimité… contre elle. En pleine campagne pour prendre la tête des Républicains, Laurent Wauquiez a proposé mardi 8 avril de transférer les étrangers sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) dans un centre de rétention situé à Saint-Pierre-et-Miquelon. « Vous refusez de retourner dans votre pays ? Très bien, vous prenez un aller simple pour Saint-Pierre-et-Miquelon », a-t-il déclaré, avançant l’argument que l’archipel est en dehors de l’espace Schengen, ce qui permettrait, selon lui, d’empêcher tout retour en métropole.

Une condamnation politique quasi unanime

L’idée a provoqué une avalanche de réactions de tous bords. À droite, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, pourtant rival de Wauquiez au sein des Républicains, ne s’est pas exprimé publiquement mais laisse entendre en coulisse que cette surenchère nuit à la crédibilité du parti. À gauche comme à l’extrême droite, les critiques sont acerbes.

Manuel Valls, ministre des Outre-mer, a dénoncé « une méthode de colon, pas d’élu de la République ». Le député PS Boris Vallaud a qualifié la proposition de « Guantánamo-sur-Mer » tandis que son collègue Olivier Faure y voit « l’ultime naufrage d’une droite qui se rêve autoritaire ». Marine Le Pen, a elle aussi fustigé l’idée : « Les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon ne sont pas des sous-citoyens ».

Le député de l’archipel, Stéphane Lenormand, a dénoncé un « mépris absolu pour notre territoire ». Même au sein du camp présidentiel, des voix comme celle de Pieyre-Alexandre Anglade s’indignent : « Tout ce qui reste de républicain chez Laurent Wauquiez, c’est le nom de son parti ! »

Alors que les Outre-mer jouent un rôle croissant dans la vie politique nationale, cette déclaration de Wauquiez risque de laisser des traces profondes, tant à Paris que sur les îles de Saint-Pierre et Miquelon, où la population digère mal d’être comparée à une zone de relégation.

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