En politique, la mémoire est souvent courte, mais celle de Vincent Jeanbrun semble particulièrement sélective. Devenu dimanche ministre de la Ville dans le gouvernement Lecornu II, l’élu ex-LR (exclu par Bruno Retailleau après son entrée au gouvernement) avait pourtant tonné sur Public Sénat, en janvier dernier, que « suspendre la réforme des retraites, c’est sauter dans l’inconnu budgétaire. C’est irresponsable. »
Du totem au reniement
Neuf mois plus tard, changement radical de ton : Jeanbrun soutient désormais un exécutif qui vient précisément de suspendre ladite réforme. Un grand écart qui fait grincer les dents à droite. Julien Odoul (RN) n’a pas manqué de le rappeler : « Vincent Jeanbrun est l’archétype de la trahison de la droite. Il préfère voter communiste que RN et renie la réforme des retraites juste pour garder son poste de ministre. Dehors ! »
En quelques mois, celui qui fustigeait « l’irresponsabilité budgétaire » d’une telle mesure en est donc devenu le porte-parole. Un virage spectaculaire qui en dit long sur la souplesse idéologique exigée pour entrer au gouvernement Lecornu.