« Un chef d’état-major ne devrait pas dire ça » : déferlante politique après la sortie guerrière du général Mandon
« Un chef d’état-major ne devrait pas dire ça » : déferlante politique après la sortie guerrière du général Mandon

La sidération domine depuis les déclarations pour le moins explosives du chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, au Congrès des maires de France. En alertant sur la possibilité d’un conflit majeur d’ici 2030 et en appelant les élus à « préparer la population » à « perdre des enfants » et à « souffrir économiquement », le CEMA a déclenché une onde de choc. À quelques jours des commémorations de l’Armistice, alors que la France se recueillait encore devant la mémoire des 1,4 million de morts et des 4 millions de blessés de 14-18, l’un des plus hauts responsables militaires du pays enjoint donc à se tenir prêts pour de nouveaux sacrifices. Une sortie folle, irresponsable et totalement déplacée.

« Si la France entre en guerre il n’y aura pas d’élection présidentielle. (…) Macron, doit rendre des comptes. »

Dans un long message accusateur, Ségolène Royal raille « un pouvoir en dérive » tenté de manipuler l’opinion par la peur. Pour l’ancienne ministre, les mots du chef d’état-major relèvent d’un « délire dangereux » et rappellent les tactiques décrites par Machiavel, consistant à inventer un ennemi pour tenir un peuple dans la peur. Elle accuse le pouvoir d’alimenter une tension artificielle, anxiogène pour une jeunesse déjà fragilisée, et de ridiculiser la France sur la scène internationale. « Soit Emmanuel Macron a validé ce discours et doit s’en expliquer, soit il ne l’a pas fait et le chef d’état-major doit être démissionné », tranche-t-elle.

« Si la France entre en guerre il n’y aura pas d’élection présidentielle. Si c’est le rêve inconscient d’Emmanuel Macron, il doit rendre des comptes. » fustige la socialiste au micro de Pascal Praud, ce matin sur CNEWS. La vie des Français ne serait-elle devenue qu’une variable d’ajustement dans l’agenda politique du pouvoir ? Emmanuel Macron n’a d’ailleurs pas d’enfant pour montrer l’exemple dans cet appel au sacrifice des générations futures.

Un dérapage grave tandis que l’État ignore les vraies menaces

Dans un communiqué, La France insoumise a fustigé des propos « inacceptables » et demandé au président de rappeler publiquement à l’ordre le Général Mandon.

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan pointe un discours « totalement délirant » et accuse le CEMA de vouloir entraîner la France dans une « guerre suicidaire ». Pour le souverainiste, ce n’est pas Moscou qui menace directement les Français, mais l’insécurité quotidienne et les narcotrafiquants qui ensanglantent notamment Marseille.

Et c’est là que le contraste devient saisissant : pendant que le pouvoir agite le spectre d’une confrontation mondiale théorique, la réalité française est marquée par 120 attaques au couteau par jour et une insécurité au quotidien. L’ennemi, lui, est déjà là, bien présent sur notre sol : terrorisme islamiste, crime organisé, violences urbaines. Mais l’État semble détourner le regard, préférant un imaginaire de guerre extérieure plutôt que d’affronter le chaos intérieur. Pourquoi ce déplacement du récit ? Dans quel but ?

À l’heure où le pays commémore la fin d’une guerre qui a décimé une génération entière, la décence commanderait de mesurer ses mots. Le malheur de nos dirigeants actuels est peut-être qu’ils n’ont jamais connu la guerre. Car s’ils en avaient seulement approché l’horreur, jamais ils n’appelleraient aussi légèrement à de nouveaux sacrifices.

Pour l’instant, ni Les Républicains, ni le Rassemblement national, ni Reconquête n’ont officiellement réagi.

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