Un tribunal turc a reporté lundi au 24 octobre sa décision concernant l’invalidation du congrès de 2023 du Parti républicain du peuple (CHP) et la destitution de son chef, Ozgur Ozel, accusé d’irrégularités de procédure. Cette affaire, considérée comme un test de la fragilité démocratique du pays, prolonge l’incertitude politique.
Le CHP, principale force d’opposition et formation centriste, rejette catégoriquement ces accusations qu’il juge motivées par des considérations politiques. Ozel, 50 ans, figure combative et critique virulent du pouvoir, a gagné en notoriété depuis l’incarcération d’Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul et rival majeur du président Recep Tayyip Erdogan.
Parallèlement, des centaines de membres du parti, dont Imamoglu, sont emprisonnés dans le cadre d’une vaste enquête judiciaire sur des soupçons de corruption et de liens avec le terrorisme, accusations qualifiées d’infondées par leurs avocats.
À l’approche de la décision, des manifestations anti-Erdogan ont éclaté ces derniers jours à Ankara et dans d’autres villes. La crise judiciaire secoue également les marchés : la livre turque, en forte baisse ces derniers mois, s’est légèrement redressée après l’annonce du report.
Pour l’opposition, les ONG de défense des droits humains et plusieurs responsables européens, ces poursuites illustrent une volonté du pouvoir de museler la contestation et d’affaiblir les institutions démocratiques. Le gouvernement, lui, affirme que la justice agit de manière indépendante.
Ce climat tendu pourrait profiter à Erdogan, au pouvoir depuis 22 ans, en accentuant les divisions dans le camp de l’opposition, alors que le CHP rivalise actuellement avec l’AKP dans les sondages.