Deux parlementaires kurdes de premier plan ont appelé jeudi le gouvernement turc à prendre rapidement des mesures concrètes pour garantir la réussite du processus de paix engagé avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a annoncé son désarmement en mai dernier.
Dans des entretiens séparés avec Reuters, les députées du Parti de la Démocratie et de l’Égalité (DEM), Meral Danis Bestas et Gulistan Kilic Kocyigit, ont insisté sur la nécessité de mettre en place des protections légales pour les militants qui déposent les armes, d’ouvrir un canal de négociation directe avec le leader emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, et d’assouplir la répression visant l’opposition politique.
Le Parlement turc a créé au début du mois une commission chargée de superviser le processus de désarmement du PKK, après l’appel lancé en février par Öcalan à mettre fin à l’insurrection. Mais les élues kurdes estiment que les discussions procédurales ralentissent le processus et risquent de compromettre l’élan suscité par la décision historique du groupe.
« Si les garanties légales ne sont pas données, si les militants désarmés continuent d’être poursuivis ou emprisonnés, la confiance sera perdue », a averti Kocyigit. Bestas a, de son côté, souligné que la répression contre les partis et figures de l’opposition fragilisait la crédibilité des efforts de paix.
Le conflit entre Ankara et le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l’Union européenne, dure depuis plus de quarante ans et a causé des dizaines de milliers de morts. Ses ramifications s’étendent également en Syrie et en Irak, où des combattants kurdes demeurent actifs.