C’est un classement qui fait sourire certains autant qu’il irrite d’autres. Pour la première fois depuis la création de son palmarès des villes de plus de 50 000 habitants les plus sûres de France, Valeurs Actuelles place Meaux (Seine-et-Marne) en tête, avec la note de 15,32 sur 20. Une distinction que la mairie n’a pas tardé à brandir comme un trophée, saluant une politique de sécurité volontariste. Le maire Jean-François Copé s’est félicité de cette reconnaissance, affirmant sur les réseaux sociaux que « protéger les habitants » n’était ni un slogan ni un affichage. La municipalité met en avant un dispositif de sécurité musclé : 334 caméras de vidéoprotection (soit sept de plus qu’en 2024), 185 policiers municipaux, un taux d’élucidation proche de 50 %, et une délinquance divisée par deux en trente ans. Avec trois agents municipaux pour 1 000 habitants, Meaux dépasse largement la moyenne nationale.
Un podium controversé
Derrière Meaux, Ajaccio se hisse à la deuxième place, suivie d’Asnières-sur-Seine, qui gagne sept rangs en un an. En 2024, Meaux était arrivée deuxième derrière Courbevoie. Cette progression constante conforte l’équipe municipale, qui revendique un « cap clair » en matière de sécurité. Mais dans l’opposition, l’enthousiasme est nettement moins partagé. Pour l’élu André Moukhine-Fortier, ce palmarès flatte davantage l’image que la réalité quotidienne. Il évoque une insécurité persistante, en particulier liée au trafic de drogue, et s’interroge sur la pertinence du classement. « Meaux n’est pas Chicago, mais de là à en faire la ville la plus sûre de France… » ironise-t-il, pointant un autre indicateur : Meaux figure à la 518e place du classement des « villes et villages où il fait bon vivre ».
Une médaille à relativiser
La méthodologie du classement n’échappe pas non plus aux critiques. Gilles Saveret, élu LFI, rejette la légitimité de Valeurs Actuelles pour dresser ce type de palmarès. Il estime que seuls les chiffres du ministère de l’Intérieur ont valeur de référence, et qualifie le classement de l’hebdomadaire de « sans intérêt ». Malgré les réserves, l’opération de communication est réussie pour la majorité municipale. Reste à savoir si la perception des Meldois correspond à celle de leur mairie. Car à trop vouloir apparaître comme exemplaire, Meaux pourrait aussi cristalliser l’attention sur ce qui cloche encore.