Plainte après un sondage jugé stigmatisant sur “l’islamisme des musulmans de France” (BFMTV)
Plainte après un sondage jugé stigmatisant sur “l’islamisme des musulmans de France” (BFMTV)

Un sondage Ifop commandé par la revue Écran de veille, publié le 18 novembre, continue de provoquer une onde de choc. Présentée comme une “étude sur le rapport à l’islam et à l’islamisme des musulmans de France”, l’enquête avance une “réislamisation” des fidèles et insiste sur une pratique religieuse plus marquée chez les jeunes générations. Très vite relayé par plusieurs médias situés à l’extrême droite, le sondage a été dénoncé par de nombreuses voix pour son caractère jugé partial et dangereux.

Une étude accusée de nourrir les amalgames

Trois Conseils départementaux du culte musulman (Loiret, Aube et Bouches-du-Rhône) ont déposé plainte contre X. Dans leur communiqué, ils considèrent que l’étude “viole le principe d’objectivité” garanti par la loi encadrant la publication des sondages et pointent des “questions orientées”, conçues selon eux pour produire des résultats polémiques. Les avocats Raphaël Kempf et Romain Ruiz dénoncent également le rôle de la revue commanditaire, présentée comme une “officine réactionnaire”, accusée de vouloir imposer un récit de défiance envers les musulmans. Pour les plaignants, cette enquête “distille le poison de la haine” et contribue à renforcer les amalgames dans un contexte déjà explosif. Ils rappellent que les actes anti-musulmans ont bondi de 75 % en un an, selon les données du ministère de l’Intérieur, et considèrent le sondage comme une “insulte aux musulmans de France” ainsi qu’aux principes républicains d’égalité et de fraternité. L’affaire, désormais portée en justice, relance le débat sur la responsabilité des instituts de sondage et sur l’usage politique qui peut être fait de leurs études.

Partager