La polémique enfle autour des journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand, filmés discrètement en juillet lors d’un déjeuner avec deux cadres du Parti socialiste. Dans cette vidéo diffusée vendredi par Juliette Briens, la directrice de la communication du magazine L’Incorrect, on entend Legrand affirmer sans détour : « Nous, on fait ce qu’il faut pour Dati, Patrick et moi », laissant planer le doute sur leur impartialité. Face au tollé, les deux hommes ont tenté de minimiser l’affaire, évoquant un « enregistrement tronqué » et « manipulatoire », tout en annonçant qu’ils porteraient plainte.
Une défense jugée peu crédible
Suspendu à titre conservatoire de l’antenne de France Inter, Thomas Legrand parle de « propos maladroits » et assure qu’il s’agissait d’une simple pique contre Rachida Dati. Cohen, de son côté, dénonce des « bouts de phrase sortis de leur contexte », allant jusqu’à affirmer que la rencontre avait été sollicitée par le PS, mécontent du traitement qui lui serait réservé sur France Inter. Une ligne de défense qui étonne jusque dans les rangs politiques, tant la séquence montre une proximité évidente avec les stratèges socialistes.
Alors que Jean-Luc Mélenchon a évoqué une « vidéo consternante » et que Jordan Bardella y voit une nouvelle preuve de la partialité du service public, l’Arcom a été saisie pour examiner d’éventuelles entorses à l’obligation d’impartialité. Mais pour l’opinion, le mal est déjà fait : deux journalistes stars du service public apparaissent désormais comme acteurs d’un jeu politique qu’ils prétendaient seulement commenter.