Nucléaire : bras de fer annoncé à l’Assemblée nationale sur la relance des EPR
Nucléaire : bras de fer annoncé à l’Assemblée nationale sur la relance des EPR

La semaine s’annonce électrique au Palais Bourbon. Ce lundi, l’Assemblée entame l’examen d’un texte stratégique sur la planification énergétique de la France. Supprimée en commission, la relance du nucléaire pourrait être réintroduite grâce aux amendements du rapporteur Antoine Armand, soutenu par le Rassemblement national. Le gouvernement, de son côté, prépare un décret qui fixera la feuille de route énergétique du pays, attendu avant la fin de l’été, a confirmé le ministre de l’Industrie Marc Ferracci.

Une alliance entre macronistes et RN pour sauver le nucléaire

Le texte prévoit notamment la construction de 14 nouveaux réacteurs EPR d’ici à 2030, proposition saluée par Maxime Amblard (RN), qui espère encore plus d’ambition. En coulisses, l’influence de Marine Le Pen n’est pas étrangère à cette relance législative : fin avril, elle avait conditionné le maintien du gouvernement à l’inscription de ce texte à l’ordre du jour. En revanche, les socialistes, représentés par Boris Vallaud et Karim Benbrahim, défendent une relance plus mesurée : huit EPR d’ici 2035, et une pause de cinq ans pour évaluer les premiers chantiers.

La gauche s’inquiète surtout de l’abandon d’un objectif clair pour les énergies renouvelables. Le texte ne parle désormais plus que d’« énergies décarbonées », ce qui pourrait marginaliser l’éolien et le solaire. Insoumis et écologistes espèrent faire barrage à cette orientation, tandis que Mathilde Panot (LFI) a déjà obtenu un débat marathon de 40 heures. Pendant ce temps, la France dépend toujours à 60 % des énergies fossiles, majoritairement importées.

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